POWERTOYS et PUPPETS MASTERS

"Les Powertoys sont des outils proposés par Microsoft afin d'ajouter de nouvelles fonctionnalités à son système d'exploitation Windows." article Powertoys de Wikipédia.

Puppet Master désigne un marionnettiste, ou un cybercriminel ou une machine entre les mains d'un cybercriminel. Le Puppet Master agit sur des centaines d'ordinateurs transformés en "Zombies" qui constituent des réseaux asservis (botnets) par un bot (un programme automatique d'envoi de spams, par exemple).

Barak Obama, campagne présidentielle internationale

Petites et grandes places, places fermées, places ouvertes, foules en fêtes, foules houleuses, mais toujours, foules surveillées, cernées par d'impassibles forces de l'ordre prêtes à toutes interventions... places jonchées de cadavres...

Petites et grandes scènes, scènes fermées, scènes ouvertes, idoles et leaders souriants ou révoltés, mais toujours, surveillés, cernés par d'impassibles forces de l'ordre prêtes à toutes interventions... idoles et leaders assassinés...

Des barrières séparent la scène de la place publique où, parfois, il est revendiqué que les barrières disparaissent afin que leaders, idoles 2 et foules se rejoignent en un même espace.

L' agora, lieu de l'assemblée du peuple est scène officielle de la démocratie grecque 3, un régime patriarcale et mystique, où règne une élite confortée par la pratique de l'esclavagisme 4.

Aboli par la révolution française, celui-ci est rétabli, en famille, par Napoléon 1er, porte-parole, leader délégué, sacré, armé, gendre, des colons antillais.

Pratiqué aux Etats Unis d'Amérique, démocratie colonisatrice, génocidaire de ses sociétés autochtones, 5 l'esclavage, frein à une organisation rationnelle des profits (les esclaves doivent être entièrement pris en charge par les maîtres), est remis en cause par les groupes "progressistes" qui soutiennent Abraham Lincoln.

La profonde division nord (pro-salariat)-sud (esclavagisme) de la fédération entraîne une guerre civile. Lincoln est assassiné en 1865. Les vainqueurs imposent le salariat (qui déporte sur la famille la responsabilité économique de sa propre subsistance vitale) par la force armée et la législation.

La démocratie moderne vient de trouver sa voie et sa Nation référente. Le Progrès et la Science l'accompagnent en son accomplissement. Des tribuns, représentants de commerces, concurrents sur un même produit et une même zone de chalandage, haranguent les consommateurs rendus indécis par une démocratie déclarée "plurielle" bien qu'inscrite dans le cadre d'une pensée unique : toute chose n'est valide que par propriété, et l'échange des propriétés est monétarisé ; il s'applique tant aux objets inertes qu'aux corps vivants (salariat, prostitution).

Des pensées censées être progressistes en viennent à affirmer que l'individu doit être propriétaire de son corps et de ses désirs et donc, s'émanciper des diktats imposés par la société. Il devrait être, par exemple, libre de toute mutilation et tatouage, de subir tout traitement sadique dès lors qu'il est consentant et conscient de ses actes. Seule l'obligation de subir ces traitements peut être, selon les circonstances, passible d'une sévère condamnation... à moins que ces traitements ne soient eux-mêmes sévères condamnations.

auto-flagellation

flagellation

flagellation du Christ

Les complicités sexuelles et affectives ne peuvent se concrétiser que dans des cadres légaux restrictifs (famille ou célibat) et sont matérialisées par des contrats "de mariage" et autres pacs.

Andy Warhol, Gail Cook

Afin de rendre toutes ces contradictions acceptables, les scènes et médias asservis, voi(x)es, canaux, formatent rationnellement esprits, corps, voix, apparences vestimentaires. Elles tendent ainsi à nous faire croire que les contradictions du systèmes sont des options et que nos propres libres-arbitres (ces leurres qui sous-entendent que nous serions libres de tout déterminisme) sont suffisamment matures et responsables pour faire des choix esthétiques, politiques; etc... du moins, et toujours, tant qu'ils s'en tiennent aux possibilités légalement admises en démocratie.

Les médias activent rumeurs, croyances, réflexes conditionnés, dynamisent un consumérisme neuroleptique, convient à de gigantesques cérémonies culturelles et festives dont les lumières tant tamisées qu' éblouissantes dissimulent les coulisses de la scène et l'aliénation sublimée par la présence charnelle de l'idole, guide intouchable et lointain en son paradis supposé ouvert à tous par les simples effets miraculeux d'une certaine grâce, d'un talent, d'un don et d'un travail acharné.

Toute expression hors cadre est propagande nuisible, anti-démocratique, fasciste ou communiste.

editionsterrenoire.blogspot.com

Les médias culturels et éducatifs obtiennent le statut rassurant d'utilité publique. Personne n'oserait songer qu'ils puissent n'être aussi que propagandes.

L'objectivité est la règle ; la subjectivité, l'exception autorisée aux stars et autres VIP, amuseurs publics invités à débattre en toutes complicités sur les plateaux des télévisions.

La publicité (propaganda en espagnol) des médias privés, commerciaux est, certes, parfois abusive... tout le monde en convient... mais ne fait-elle pas partie intégrante de la logique économique ? Aller à l'encontre de tels propos consensuels revient à se voir quasiment interdit d'antenne.

publicité eram

Bien... Mais, hors d'apparentes exceptions - le domaine associatif, lieu de prédilection des citoyens responsables et bénévoles, ses présidents, bureaux et conseils d'administration, calque, vain à manipuler, de la démocratie capitaliste - force est de constater que la radio, la télévision, le cinéma, l'internet, les spectacles musicaux et leurs supports textuels chantés sont prés carrés des cénacles au pouvoir, et, de ce fait, dénis de toute opposition entre domaines publics et privés. On s'y parraine en famille ; les dynasties du Spectacle installent leurs dauphins et dauphines ; le public, convenu, est ému par le bel enfant baladin que sa mère ou son père convie sur scène, micro à la main ; un fantastique moment d'émotion parcourt la salle...

Il n'y a rien de plus naturel à cela : convenons-en, une chienne ne fait pas un chat... et le mot cynisme est issu du grec Kynos qui signifie chien.

Ce qui ne signifie en rien que les véritables cyniques aient quoi que ce soit à voir avec ce qui précède car, et en une simplification un peu outrancière, disons que leur philosophie consiste à d'abord considérer que les chiens possèdent cet immense avantage sur nous qui est de forniquer en pleine rue et, très souvent, sans contrat de mariage ni préférence sexuelle officiellement déclarée ; bien que ces animaux subissent également la loi d'airain de la propriété, du tatouage, du pédigrée, de la vaccination obligatoire, d'une muselière, d'une laisse et de divers articles de loi qu'ils sont incapables de lire.

la promenade du chien

Auriez-vous, cette belle invention réformiste, une préférence sexuelle, une orientation sexuelle ? Ne naviguez pas à vue, sortez couvert, prenez vos dispositions légales et avouez la plus commune et la plus présentable :

les relations sociales vous en seront d'autant plus simples, vos amis et parents, reconnaissants, et la famille en sortira l'honneur sauf.

En cas contraire, Messieurs, (Mesdames... merci de de décrire vous-mêmes vos propres aliénations... ou de m'en faire part. Elles seront ici fidèlement transcrites.) sortez la nuit, rasez les murs, partez en tourisme (sexuel) à l'étranger, payez des prostitué-es (slaves ou exotiques de préférence), fréquentez le sauna libertin, les dunes en bord de mer, les bosquets de parcs publics, les vespasiennes (celles qui restent encore sans dispositif hygiénique payant), achetez un véhicule muni de verres fumés et de banquettes correctement allongeables, faites le matuvu sexy en compagnie de VOTRE femme légitime ou de VOTRE maîtresse (déguisées en entraîneuses) sur les allées noctambules des stations balnéaires, et sortez, dans presque tous les cas, votre monnaie... croyez donc vous libérer (que sont croyances et libertés ?), sortez votre porte-jarretelles, Osez Joséphine 6!

tourisme sexuel

Si vous n' avez pas de préférences, soyez ou abstinent (un challenge désastreux pour la santé physique et mentale) ou criminel (ne pas avoir de préférence revient à tout accepter, y compris l' officiel inacceptable) ; mais n'oubliez pas que les maisons d'arrêt ne sont, généralement, pas mixtes et qu'une seule orientation sexuelle y est donc possible.

En ces diverses prisons réelles et symboliques vous avez le choix entre deux options : être passif ou actif en sachant tout de même que la passivité est généralement considérée comme un comportement féminin et donc, quelque peu méprisable pour un homme sauf si vous êtes quelque part dirigeant et que votre libido aliénée vous commande de recevoir quelque humiliation d'une forte femme (il s'agit du caractère et non du physique) afin d'expier vos propres cruautés quotidiennes.

Mais, pour en revenir à ces médias toujours prêts à déballer nos diverses fantaisies et faits divers comme autant de moments divertissants (sous-entendu au sens pascalien du terme), point de religieuses paroles hors dogmatique credo :

Libérale, égalitaire, fraternelle, tolérante, la démocratie, gouvernement du, par, pour le peuple, est liberté de pensée, d'association et... de religion.

Le Peuple, maintenu fermement en ce credo, est dans l'incapacité de se prendre en charge. D'ailleurs, restons raisonnables ! il n'a aucune Raison de le faire puisque ses représentants sont là pour ça... les chefs (le pluriel résoud provisoirement le problème d'une définition sexualisée du chef) sont des évidences déclarées comme naturelles et intemporelles.

Le Peuple n'est pas une entité homogène. Il est segmenté, modelé, en divers outils ou "utilités" (l'informatique utilise le terme de DLL ou Dynamic Link Library ou, en français, bibliothèques de liens dynamiques) exécutoires mobilisables à la demande (on demand) tantôt appellés ou rejetés.

Peuple, asservi par un jeu complexe de dépendances, apprend donc docilement, dès la plus tendre enfance et grâce aux bancs de l'école (dont la nature laïque ou religieuse est un débat de dupes puisque son seul rôle est de formater les esprits dans le cadre du système de partition adéquat, de les préparer convenablement afin que toutes les données transmises soient correctement inscrites dans les cerveaux) à déléguer tout pouvoir aux chefs, powertoys ou représentants d'un système d'exploitation composé de deux camps antagonistes (et là, nous quittons partiellement l'image informatique pour rejoindre le schéma de l'organisation patriarcale) :

Enfin, il ne faut pas oublier qu'il reste, çà et là, plusieurs milliers d'authentiques esclaves dont les maîtres n'ont toujours pas entendu parler des révolutions françaises et américaines... et que les démocraties bourgeoises nées de ces révolutions s'accommodent très bien de l'esclavagisme contemporain préférant user de toutes leurs énergies guerrières à se dominer les unes les autres ou en croisades civilisatrices qui écrasent toutes oppositions aux sacro-saintes bibles de la propriété.

Reconnus par autant de petits et grands clans, les chefs / leaders de masses, intermédiaires pseudo-représentatifs sont, par nécessités conservatoires et conservatrices, totalement aliénés et suggèrent donc des pseudo-désirs et buts parfaitement alignés juridiquement et idéologiquement sur la ligne directrice du système dont ils ne sont que les powertoys.
Contrairement à ce qu'affirme l'article de Wikipedia, les powertoys n'apportent pas de nouvelles fonctionnalités au système d'exploitation. Ils ne font que permettrent une utilisation de fonctions existantes mais plus ou moins cachées, plus ou moins autorisées sans pour autant en donner les clés véritables. Le dernier point est fondamental car il éclaire totalement la fonction réformiste première de ces leaders de masses émanants des groupes au pouvoir qui est de faire croire que quelque chose a ou va changer alors que ce quelque chose est déjà existant et qu'il est non négociable.
Le mariage semble désuet ou contesté... un arrangement progressiste est proposé sous forme d'une union libre délimitée par un cadre juridique qui lui, reste inchangé : celui de la propriété et d'une paternité assouplie mais toujours inscrite dans le patriarcat, le patrimoine et l'héritage.

Les leaders de masses ne sont pas "libres" de leurs décisions. Ils ne sont que des représentants, les supports d'une fonction sociale qui est la reproduction incessante et la réactivation permanente de la pensée dominante par le discours oral, parlé ou chanté. Les leaders de masses ne maîtrisent pas leur être ; ils sont modelés par leurs maîtres. Adolf Hitler ne fut rien sans Goebbels et les industriels allemands. Ceci est un des points essentiels de l'analyse presque futuriste menée par Wilhelm Reich dans la PMF. Plus un groupe dominant construit ainsi médiatiquement son leader, plus ce groupe est fasciste, cet aboutissement ultra-maschiste du capitalisme, économie sexuelle patriarcale où les maîtres ont tous droits sur les esclaves.

L'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Toute docilité acquise par pressions et privilèges, les leaders de masses interprètent, expliquent, incarnent chapitres et sous-chapitres de cette mystique panthéiste lue, imagée/icônifiée ou chantée.

Animaux humains disciplinés, biopathes cancéreux, psychosomatiques chroniques, handicapés non reconnus, économie sexuelle (énergie reproductrice vitale) refoulée, cécité entretenue, nous sommes, en négation totale de la vie et commune responsabilité, vivier de notre propre futur mortifère. .

Extensions des machines, esclaves du travail obligatoire, (non) rémunéré exécuté sous la menace armée, nous voici masses fascistes adoratrices prêtes à toutes guerres, ces développements extrêmes, auto-régulatoires, des contradictions collectives, auto-aliénantes, issues des marchandages et chantages plurimillénaires qu'exerce l'économie de marché, compétitive, sainement concurrentielle, qui gère la vente, en libres prix, de toute production et vies. (Les mots en italiques furent écrits par Wilhelm Reich)

Richesses et profits, ouverts à tous, salaires, mérités, sont récompenses de ce travail. Tout travail mérite salaire. Ceci est inscrit dans la nature humaine.

Ces croyances mortifères, entretenues en un désir individualisé, irréalisable, de pouvoir et de possession totale, entraînent l'acquisition partielle, frustrante et capitalisante de toute chose, par le biais du phénomène reproductif et accumulatif des monnaies.

Cernunnos, Mercure, Hermès

L'opération d'échanges est sacralisées par un rituel et un intercesseur commun (présent sous divers avatars dans toute la culture indo-européenne, créature de/des dieux ou envoyé de/des dieux, admis ou refusé comme créature mais toujours présent, jusqu'en son ultime avatar judéo-chrétien, le christ/messie au calvaire flanqué de ces deux brigands) 7, contrôle moral divin qui puise, en notre propre adoration/déification, l'énergie nécessaire à l'exercice de sa propre puissance et de son règne.

Ce vieil appareillage idéologique conscient et inconscient, historique et mythique, organise les profits, échange les marchandises, les esclaves, les prisonniers et immigrés de nationalité négociable 8; remontant à la nuit des temps, il est présenté comme naturel.

Il manipule, a posteriori, et pour sa propre sauvegarde, les actes, écrits et pensées des leaders de masses rebelles, Spartacus dirigés bon gré mal gré à la fosse commune ou au calvaire.

Après sommations d'usage et refus de repentir, la persistance en rébellion est punie par l'oubli organisé, l'enfermement pénal médicalisé. Le dernier remède administré est la suppression physique, pertes et profits sécuritaires d'une perpétuation qui maintient sous les sunlights le respect des parrains et des familles à travers les temps.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Mon Dieu ! Tout cela dit, ta chaîne est maintenant (presque) brisée ! Petit homme 9, assieds-toi en ton fauteuil rouge, la salle est plongée dans le noir... prends garde au symbolisme des couleurs car le spectacle commence, le rideau se lève...

PREMIERE HISTOIRE
Wilhelm Reich (alias : Walter Roner, Ernst Parell)

"La morale sexuelle bourgeoise coexiste avec la conscience de classe chez le même ouvrier. Les pires entraves à la formation de la conscience de classe, chez tous les membres de la famille, sont à mettre au compte du droit de propriété sexuel que l'Etat de classe accorde à l'homme, à son autorité sur la femme et les enfants"
juin 1934, Qu'est-ce que la conscience de classe ?, p. 43, Ernst Parell ; traduction de Constantin Sinelnikoff, Nice, 1971.
"Je lègue à (mon fils) Peter deux de mes fusils à son choix, avec tous les accessoires qu'il désirera, tels que cartouches et matériel d'entretien" 8 mars 1957, Testament de Wilhelm Reich.
"les enfants, malgré quelques intentions homicides inconscientes, ne tirent pas le plaisir qu'ils prennent aux jeux guerriers du désir de tuer, mais de la motricité qui s'exerce dans le jeu, de l'accroissement du sentiment du moi par l'arme tenue à la main et du rythme propre aux choses militaires. Ne doit-on pas utiliser des considérations de ce genre pour une politique prolétarienne de l'enfance ? (...) Ce sont des questions difficiles, très difficiles, qui exigent une réponse immédiate." Qu'est-ce que la conscience de classe ?, p.50.

Né en Autriche en 1897, Wilhelm Reich, militant du parti communiste allemand (K.P.D.) est, durant la prise de pouvoir du national socialisme (N.S.D.A.P.), un des leaders de la jeunesse ouvrière berlinoise 10 qu'il encourage à vivre autrement sa sexualité, cette énergie vitale bridée par des siècles de patriarcat.

En 1933, l'année même de l'élection du chancelier Adolf Hitler, témoin actif, Reich prend la responsabilité de dénoncer publiquement, sur les bases formulées par Engels, les formes contemporaines du patriarcat. Il a lu Mein Kampf avec attention et il exprime sa réponse dans son livre la psychologie de masse du fascisme.

berlin 1933

Le texte a donc été édité en pleine campagne électorale National-Socialiste. De tels mots prononcés en de telles circonstances sont le reflet d'un engagement individuel quasi suicidaire ; ou d'une conviction que le National-Socialisme ne prendrait pas le pouvoir.

Une chose est certaine : le parti communiste allemand ne soutient plus W. Reich car il se permet de placer dos à dos deux capitalismes d'état contemporains, le national socialisme (la dictature légalisée de la bourgeoisie allemande) et le stalinisme (contre-révolution bourgeoise et perversion nationaliste du communisme international).

Reich est donc expulsé du parti communiste allemand 11 sous un prétexte moralisateur petit-bourgeois et réactionnaire : "la sexualité n'a rien à voir avec la lutte de classe". En Union Soviétique stalinienne, les dispositions révolutionnaires relatives au mariage, au divorce, à la paternité (union libre et consentie, avortement autorisé, égalité de l'homme et de la femme) sont lentement étouffées.

Comble de l'hypocrisie, Reich est, par ailleurs, vicieusement soupçonné de réformisme par un K.P.D en voie de stalinisation (donc lui-même situé hors du champ d'action marxiste) ; le processus de destruction du communisme par le stalinisme atteindra ses buts avec l'accord du 23 août 1939 dit "pacte germano-soviétique" ou pacte "Molotov-Ribbentrop". Ce pacte est cause d'un profond désarroi dont les effets seront durables car les militants de base ignorent, pour la plupart d'entre-eux et faute de bases théoriques solides, que l'URSS est devenue un pays capitaliste qui peut donc, sans cas de conscience, conclure des accords avec les "fascistes", partager secrètement des territoires et livrer des militants communistes au gouvernement national-socialiste allemand.

Le stalinisme du KPD ne l'empêche pas d'user d'arguments marxistes orthodoxes afin de parfaire ses griefs contre Wilhelm Reich qui est accusé de vouloir remettre en cause le rôle organisationnel fondamental du Parti dans la mise en place efficace de la lutte contre la classe dominante et donc, d' ainsi s'aligner sur les thèses soutenues par le spartakisme qui mettent en avant les dangers du centralisme bureaucratique, la foi aveugle en la direction du Parti et de ces chefs, et soutiennent qu'un changement social démocratique non parlementaire doit s'opérer par la base en s'appuyant sur les Conseils ouvriers et non sur les syndicats, autres pieuvres bureaucratiques toujours empressées de s'aligner sur l'ordre établi.

Une grande part de l'analyse que Reich développe dans la PMF trouve ses sources dans les approches théoriques du spartakisme, dans un immédiatisme bien ancré (chercher une "réponse immédiate" à un problème inhérent à la société capitaliste alors que la révolution n'a pas été effectivement réalisée ; voir la citation de la page 50 de qu'est-ce que la conscience de classe ?) et dans certaines formes de l'anarchisme : les partis, parti communiste compris, sont des reliquats bourgeois, comme l'autorité des chefs et la propriété (Pierre-Joseph Proudhon, Jean-Jacques Rousseau). Une organisation hiérarchique chargée de mettre en place et de diriger, le moment venu, l'insurrection armée ne peut être retenue car elle débouche automatiquement sur des abus de pouvoir.

Cette profonde méfiance envers le parti (au sens où l'entend Marx, c'est à dire le lieu organisationelle de la prise de pouvoir d'un prolétariat constitué en classe déterminée à combattre la domination de la bourgeoisie, à supprimer son aliénante structure de production et, par conséquent, trouver une solution à l'élimination pure et simple de la valeur d'échange source de tout profit) peut trouver ses raisons dans l'histoire récente de toute cette génération dont les membres les plus clairvoyants ont vu comment la révolution russe est passée du léninisme au stalinisme, cette meurtrière contre-révolution bourgeoise.
Ceci peut aussi simplement s'expliquer par la profonde imprégnation de l'idéologie dominante dans les esprits de la petite bourgeoisie toujours prête à fuir devant les véritables buts de la révolution communiste.
Ceci peut aussi s'expliquer par une non plus grande méfiance en cet élément déterministe historique, la réelle aliénation des chefs, aussi révolutionnaires soient-ils, par une organisation patriarcale pluri-millénaire.

Reich, leader communiste indocile de la jeunesse berlinoise occupe donc, dès cette époque, un strapontin très inconfortable entre la tendance pervertie du socialisme stalinien, le réformisme classique petit-bourgeois, une surestimation pessimiste des dégats causés par le stalinisme, et l'orthodoxie marxiste-léniniste qui analyse le spartakisme comme une erreur fondamentale qui conduisit au désastre la révolte du prolétariat allemand et à la mort, par assassinat prévisible, de ces principaux leaders compromis par leur refus du pouvoir et leurs hésitations militaires, stratégiques et tactiques liées à ce refus de prise du pouvoir par le parti.

Les événements futurs de la vie de Wilhelm Reich semblent corroborer, qu'une fois de plus, le fait de persister en ce va-et-vient incertain du refus et de l'acceptation partielle de l'idéologie dominante ne peut que conduire à une issue fatale car l'idéologie dominante demande à ses ambassadeurs une adhésion pleine et entière. Le rôle imparti à Reich, réfugié sur le sol américain, sera donc, partant du témoignage certain de ses expériences berlinoises traumatisantes, de dénoncer le "fascisme rouge". Il le fit en toute sincérité (il faudrait être particulièrement borné pour ne pas convenir que la double expérience vécue de la prise de pouvoir des nationalismes socialistes stalinien et hitlerien ne soit pas source d'une profonde brisure intérieure de l'être) et doutes théoriques qui activèrent, au-delà de sa mort, un peu plus la confusion dans les esprits d'une jeunesse toujours prête à suivre les mots d'ordre de la libération sexuelle mais oubliant, qu'au départ, Reich avait lu Engels et son réquisitoire implacable contre la société patriarcale.

Ceci donc pour ce qu'il advint de Wilhelm Reich, ex-leader communiste. Mais ce rejet n'est pas le seul auquel il est alors confronté.

Alors qu'il est, durant un certain temps, étudiant et considéré comme un filleul potentiel de Sigmund Freud, sa thèse engelienne d'une responsabilité totale de la société patriarcale, principal vecteur des névroses, renvoie aux freudiens leur crainte d'aller jusqu'au bout de leurs analyses relatives notamment au non-dépassement du stade de la rétention anale, source de toute pathologie de la collection, de l'accumulation, de la possession jusqu'au-boutiste du corps, de la mise en place du schéma maître/esclaves. La relation sado-masochiste est ainsi inscrite dans la dialectique complexe du refus et de l'acceptation du don de son corps ; ses jeux (pénétrations diverses d'objets tous plus imposants les uns que les autres, flagellations, bondages) peuvent transcender la mémoire de la souffrance initiale d'une rétention trop prolongée ou d'une rebellion cassée par la douloureuse correction d'un pater-familiae dont le territoire est menacé par des excréments qui ne sont les siens ; mais, à la différence des autres sociétés animales mammifères dont le museau et les quatre membres sont, en quasi permanence, attachés au sol, la société humaine patriarcale défend son domaine en usant abondamment de ses poignes qui enserrent le bâton et tous autres objets frappeurs censés ramener les réticents en droit chemin. De Moïse au CRS, la seule puissance reconnue de tous est dans la verge dont les coups répétés finissent par courber les dos enfin prêts à se soumettre ou à casser.

Tomba della Fustigazione

Reich propose que le malaise de la civilisation 12 provient des bases même de la culture occidentale totalement inféodée aux privilèges sexuels et économiques de la classe dominante et de ces chefs/leaders (représentatifs) qui perpétuent cette aliénation générale par une loi d'airain qui régit toute l'économie sexuelle et son élément de base, la famille.

sigmund freud, malaise dans la civilisation

Reich affirme que la solution ne peut donc se trouver en une psychanalyse individuelle mais en une révolution totale et profonde de l'organisation sociale.

Il doit donc quitter les cercles officiels d'une psychanalyse viennoise qui n'ose affronter les événements en cours soit par réel appartenance à la classe dominante, soit par crainte, justifiée, de mortelles représailles antisémites.

En 1933, après la victoire électorale du national-socialisme, Reich appartient au groupe des indésirables, voire, à celui des potentiels condamnés à mort. Il est tout d'abord interdit de publication, puis explicitement menacé.

Par pragmatisme, Reich se retrouve donc condamné à de multiples errances européennes suivies d'un exil définitif aux USA.

Chacun sait, qui aura vécu lui-même le processus ou l'aura abordé par le biais d'une tierce personne, qu'un exil est un marchandage inéquitable entre le postulant (qui doit se soumettre aux conditions) et le pays d'accueil (qui imposent les conditions ; notamment celles relatives à la non-ingérence idéologique du postulant dans les contestations internes au pays).

Reich, exilé en prise aux chantages, est gibier d'assassins ; il met en oeuvre une opposition entre l'URSS stalinienne (des fascistes rouges) et les anciens idéaux démocratiques mieux conservés aux USA ; il espère que la démocratie américaine se rendra compte à temps et d'une manière approfondie que le fascisme n'est pas lié à un pays ou à un parti, pour conclure, prix de son intégration rédemptrice, qu'elle réussira à extirper au sein des masses humaines la propension à la dictature.(pmf, version 1942, p.245).

Reich n'est pas dupe de possibles manipulations de sa réévaluation : "seul l'avenir nous dira si les Américains seront capables d'éliminer la propension à la dictature ou s'ils y succomberont". (pmf, version 1942, p.245).

britney spears revêtue de la bannière étoilée

2001:Remake des puits de Bakou, les USA éliminent le régime dictatoriale de Saddam Hussein, rétablissent la démocratie en Irak et donnent la parole à Britney Spears, vingt ans, et leader international. "Petite fille du sud" (Louisiane), héritière par ses parents baptistes du puritanisme des années cinquante, seins couverts de la bannière étoilée, elle se déclare fière de son pays et de la manière dont les gens réagissent aux attaques du 11 septembre" 13.

britney spears tondue

La première trajectoire de Reich est un itinéraire maudit et refoulé par la plupart des commentaires bienséants de son oeuvre ; la société américaine des années cinquante lui mettra à charge ce qu'elle considérera comme un lourd et inacceptable passif.

En contradiction totale de ses textes, et toute dépendance juridique, époux plusieurs fois remarié et père écartelé entre la loi et ses désirs, Reich meurt en 1957, année même de son incarcération dans un pénitencier américain. Il n'a que soixante ans.

Un constat lucide, quelles que soient les explications médicales données, devrait lier ce décès à une condamnation à mort implicitement dispensée par l'état américain.

arrestation de Wilhelm reich

Ces rappels étaient nécessaires pour comprendre la polémique engagée en 1970 par Mary Higgins 14.

pénitentier de lewisburg

SECONDE HISTOIRE
Annie Chancel, chanteuse-interprète

Un leader de masse doit rester dans la voie qui lui est impartie ; mais il peut être confronté au(x) leader(s) d(e)'un groupe(s) concurrentiel(s) qui mettr(ont)a à mal son ego et pourr(ont)a le conduire à quelques comportements incontrôlés mais inadmissibles.
Le chantage par la diffusion de diverses rumeurs est l'une des méthodes les plus utilisée par les groupes pour remettre de l'ordre dans tous ces comportements individuels et velleités egotistes qu'ils considérent comme irréalistes ou déraisonnables.

Les rumeurs les plus prisées et les plus efficaces sont basées sur des attirances, particularités ou pratiques sexuelles supposées ou plus ou moins réelles qui sont autant de failles inhérentes aux leaders dans la construction artificielle de leurs êtres idéalisés, icônes, modèles proposés aux masses.
La rumeur à l'oeuvre, charge aux indociles de prouver le contraire, toute aide leur étant fournie dès lors qu'il est bien certain que leur complicité est à nouveau entièrement acquise.

mickael jackson

Cet aspect de la (dé)construction médiatique d'un leader est une quasi constante à laquelle Wilhelm Reich n'échappa puisqu'il est encore aujourd'hui couramment présenté comme un pervers sexuel ; sa vie affective faites de mariages successifs lui est portée à charge et les accusations qui furent portées à son encontre lors de son procès incluaient tant l'outrage à magistrats que l'exercice illégal de la médecine car un doute sulfureux a été jeté sur son accumulateur d'orgone, l'orgone 14b étant réduit très hâtivement à une forme d'énergie dégagée par le plaisir sexuel.

Ces rumeurs se soldent, assez souvent, plus par un arrêt de mort (officiel ou indirect dans le sens où l'entend Marcel Mauss dans son texte "effet physique chez l'individu de l'idée de mort suggérée par la collectivité" 14c) qu'un simple avertissement.

En fait, il semblerait que plus le leader s'avère être un réceptacle fragile de l'énergie dégagée par la masse-écho, plus la rumeur jouera son rôle mortifère et prouvera clairement que la mise faite sur ce leader aura été mauvaise.
Dans sa logique criminelle, un groupe qui voit ainsi disparaître son représentant peut donc, s'il pratique une auto-critique pragmatique, s'en réjouir, car le voilà libéré d'un handicap sérieux. Si, de surcroît, il sait manipuler avec succès toutes les ressources de la martyrologie, il pourra même largement récupérer sa mise sur le dos des masses éplorées toujours prêtes et éduquées à vider leur porte-monnaie dès qu'il s'agit d'entretenir la flamme du souvenir, aussi perverti soit ce souvenir savamment reconstruit dans le cadre de la pensée officielle.

mickael jackson

En une phase perfectionnée du système, le leader peut même lancer les fausses informations qui, relayées par les médias, construiront alors une image "contrôlée" sans que, à ce petit jeu (auquel Mickael Jackson s'essaya), le leader sache lui-même si, au bout du compte, il aura été (Mickael Jackson ? Wacko Jacko ? the King of Pop ?). Une chose est certaine : les capitaux qui auront placé leurs jetons sur cette table des scandales et des larmes ne le font pas vainement.

mickael jackson dit wacko jacko

"Androgyne stupide et stérile adopteur d'enfants" 15fut la rumeur dynamique, le chantage légal symbolique, infamant et mortifère qui se développa autour d'Anny Chancel (®Sheila), née en France en 1946, chanteuse-interprète, leader désigné et construit d'une partie de la jeunesse française choisie comme cible économique et idéologique. Cette jeunesse est issue d'une "demi"classe, couramment désignée par une expression contestée, la classe moyenne.

La classe moyenne n'a d'existence que dans le cadre d'une stratégie émanant de la classe dominante qui se permet, par ce biais, d'introduire une classe intermédiaire dont la principale raison d'être est de diviser le prolétariat en deux entités distinctes antagonistes.

La plus dangereuse de ces entités est la plus nécessiteuse mais aussi la plus déterminée car elle n'a pas grand chose à perdre.

La seconde n'est considérée, en période faste, que comme un cheptel quasi apprivoisé bien que parfaitement instable, oscillant entre son désir d' adhésion à la liberté perçue comme libre entreprise ou libre-arbitre, et la terreur que lui inspire les idées révolutionnaires qui lui feraient perdre ses maigres acquis en propriété.

Réfugiée dans toutes les superstitions, remèdes à ses angoisses, elle fait aveuglément confiance en ses "grands hommes" ou "divas", chefs providentiels et demi-dieux/déesses idolâtrés, mais aussi cautionnés, suggérés, appuyés par les véritables groupes au commandes.

En un opportunisme forcené, cette classe moyenne rejette, renie, condamne à l'exil et à la mort ces chefs et divas dès qu'ils/elles suggèrent quelques ré-aménagements réformismes trop proches d'une véritable stratégie révolutionnaire et assume ainsi ses crimes contre-révolutionnaires avec la bénédiction de ses réels exploiteurs.

Tout bon chef de troupeau se doit de ne pas le mécontenter au point de le conduire à une révolte, aussi désorganisée et hors toute connaissance théorique soit-elle. Tout le doigté consiste à ne pas prendre, entre autres, la décision fatale, ce petit centime d'euro en trop prélevé au mauvais moment sur le prix des carburants, de la baguette, du loyer.

La classe moyenne est extrêmement sensible dès lors que sont remis en question les acquis (la famille, la propriété, le travail, une apparente équité sociale et, lorsque les circonstances l'exigent, la patrie) qu'elle a appris à considérer, par sa propre aliénation à la classe dominante, comme allant de soi ou naturels.

Tout groupe qui sait ainsi manier avec dextérité une imposition d'état digne des servitudes moyenâgeuses, l'idéologie du sacrifice dans le travail et pour la Nation reste donc assuré, durant un certain temps, de la légitimité de son leader élu... ceci même qu'il le soit grâce à une mascarade, la participation médiatiquement bien réglée d'une part de citoyens encore suffisamment convaincus et dociles pour se déplacer ce jour-là.

La classe moyenne se voit donc accorder en remerciements de son soutien passager quelques privilèges distinctifs, festifs (une bonne occasion d' ainsi lui soustraire quelques millions d'euros supplémentaires) ou culturels distinctifs 16 abondamment distribués en chaque fin de semaine d'un dur labeur salarié ou libéral qui, lui, rappelle bien que cette soi-disant classe moyenne n'est qu'une partie, certes un peu étrange et atypique, de la classe prolétarienne asservie, en son ensemble, par l'obligation de gagner sa vie en livrant, pour quelques monnaies, son corps au capital.

Les grandes crises économiques ont au moins ce mérite de rappeler ses origines prolétariennes à cette fausse classe virtuellement embourgeoisée.

Aussi apparemment vexatoire cela soit-il, l'ignorer ne peut permettre la lecture de l'histoire à suivre.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Intégrée, épouse mariée par pur pragmatisme affairiste de son employeur et de son ambitieux futur mari 17, puis mère abandonnée, Annie Chancel se réfugia un instant aux USA, à New-York pour y goûter un certain retour à l'anonymat (elle en témoigne elle-même) et conquérir, dynamique immanente, le hit-parade américain ; tant sa vie, celle de son employeur, des administrateurs de la société dont elle était salariée, dépendaient des prélèvements faits sur les foules embrigadées en une rentable adoration.

Pour l'heure, il nous faudra faire un autre long détour historique qui permettra de comprendre, à travers l'outil d'analyse qu'est la psychologie de masse du fascisme en quel contexte ®Sheila devint le leader représentatif d'une partie la jeunesse dite de classe moyenne.

Dès 1914, année des premières radiodiffusions publiques, les Etats organisent cette technologie stratégique sous la tutelle de l'armée et, durant les années 20, de nombreuses interventions législatives tentent d'en limiter l'usage commercial.

L'opposition libérale n'a pas l'intention de céder l'exercice de ses prérogatives économiques à ses Etats représentatifs et médiateurs ; mais, habituelles contradictions, elle en a besoin pour maintenir l'ordre idéologique ébranlé par la révolution russe.

La conscription et l'entretien des armées a un coût absorbé par les impositions prélevées sur la classe "laborieuse" cependant que le commerce des armements fait la partie belle aux profits privés.

Les prolétaires se voient ainsi confiés la production des armes contre lesquelles ils seront confrontées et, de surcroît, en paient l'entretien.

Depuis cette grande époque, le capital, devenu un peu plus méfiant face à un retournement possible des armées de conscription, semble, progressivement "privatiser" l'armée ou, en tout cas, en faire un corps de métier moins sensible aux appels à désertion. Mais il fait aussi, par la même occasion, l'impasse sur cette énorme opportunité supplémentaire qu'il avait alors d'embrigader massivement le prolétariat masculin dans les arcanes de son idéologie.

Cette impasse n'est pas faite sans filets car, progressivement, se développeront les techniques de "l'apprentissage" par l'audio-visuel et le multimédia.

Radios et haut-parleurs hurlent sur les masses réticentes ainsi que sur leur "traître" partie, la classe moyenne, réceptacle facile de cette intoxication. Libéralisme américain, national-socialisme allemand, fascisme italien, franquisme, stalinisme, impérialisme japonais, fronts populaires réformistes, font leurs premières expériences grandeur nature par radiodiffusion de campagnes électorales et diverses propagandes. Ces luttes concurrentielles entre clans de la bourgeoisie (des plus réactionnaires aux plus progressistes, mais en tout cas, tous unis dans leur attachement viscérale à la propriété et donc, au patriarcat), diversement aboyées à la cantonade, préparent la seconde guerre mondiale et une redistribution économique par digestion des éléments périphériques les plus vulnérables ou les plus faibles.

David Meckler, la vérité sur Henry Ford

L' Allemagne, où la manoeuvre, dirigée par Goebbels, représentée par Hitler, leader populiste issu du prolétariat, petit bourgeois nationaliste soutenu, désigné et acquis (voir tractations sur la nationalité de Hitler) par les grands leaders industriels, allemands et américains (dont le plus célèbre fut Henry Ford 18), pointe le pétrole de Bakou, accouche, en droite ligne de l'idéologie fordienne, d'une VolksWagen (littéralement, la voiture du peuple), de cités ouvrières sociales (petit habitat familial avec jardin compris, extension des théories urbanistiques colbertiennes, d'un Bauhaus corrompu, des visions mégalomanes de Henry Ford) et de camps de travail obligatoires qui sont une habitude des régimes capitalistes extrêmes.

Le petit poste du peuple

Une mécanique vorace enchaîne les masses. Les capitalismes américains et staliniens dévorent l'Allemagne qui rêvait de dévorer le monde.

Le Moyen-Orient est placé sous la bonne garde d'un sionisme spolié mais intégré et l'Europe, cette entité instable, est divisée, occupée.

L'expansionnisme supra-national américain se déploie à l'ouest ; le stalinisme, à l'est ; cachets, tampons, drapeaux, emblèmes, logos, sont modifiés.

Nuremberg, appât trompeur d'une vaine évaluation des responsabilités, trie et recycle des fonctionnaires restés en parfaite adéquation:

"Hermann J. Abs, catholique, membre du directoire de la Deutsche Bank dès 1937, membre du directoire d'I.G. Farben, premier président de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (établissement de crédit pour la reconstruction) qui canalise les crédits du plan Marshall, devient conseiller financier du chancelier Adenauer" 19 qui, en 1930, étant Maire de Köln/Cologne, avait proposé, avec succès, d'accueillir en sa ville une chaîne de montage Ford ; Henry Ford s'était déplacé personnellement pour en poser la première pierre. 20

henry ford, le juif international

1945 -1989 : la belle oeuvre américaine doit être idéologiquement consolidée ; les contrariants capitalismes d'état devenus trop envahissants (stalinisme) ou réticents (gaullisme) ainsi que l'ennemi commun, le marxisme, doivent être déstabilisés. Il faut avancer vers le second millènaire.

"Peuples du monde, regardez Berlin ! Regardez Berlin où les Allemands et les Américains ont appris à travailler ensemble et à se faire confiance, moins de trois ans après s'être affrontés sur le champ de bataille. Regardez Berlin où la détermination d'un peuple a rencontré la générosité du Plan Marshall et a créé le miracle allemand ; où la victoire sur la tyrannie a donné naissance à l'OTAN, la plus grande alliance jamais formée pour assurer notre sécurité commune. Regardez Berlin où les impacts de balles dans les immeubles, où les pierres sombres et les piliers près de la Porte de Brandebourg insistent pour que nous n'oubliions jamais notre humanité commune. Peuples du monde, regardez Berlin où un mur est tombé, où un continent s'est rassemblé, et où l'histoire a prouvé qu'il n'est pas de défi trop grand pour un monde qui reste uni.(...) Quand vous, Peuple de Berlin, avez fait tomber le mur (...) un mur qui divisait l'Est et l'Ouest ; la liberté et la tyrannie ; la crainte et l'espoir -d'autres murs se sont effondrés tout autour du monde.(...) et les portes de la démocratie se sont ouvertes. Les marchés se sont ouverts aussi, et la diffusion de l'information et de la technologie ont réduit les obstacles à de meilleures chances et à la prospérité..(...) Le moment est venu de commencer à travailler pour chercher la paix d'un monde sans armes nucléaires..(...) Pour le siècle qui vient -dans cette ville parmi toutes les villes -nous devons rejeter l'état d'esprit de la guerre froide qui appartient au passé et nous engager à travailler avec la Russie quand nous le pouvons, à défendre nos valeurs quand nous le devons et chercher un partenariat qui s'étende à l'ensemble du continent.(...) Le temps est venu d'une économie libre et juste pour tous. Le moment est venu de nous rassembler pour sauver cette planète. Prenons l'engagement que nous ne laisserons pas à nos enfants un monde où les océans montent, la famine s'étend et des tempêtes terribles dévastent nos terres. .(...)Le moment est venu de rendre à nos enfants leur futur. Le moment est venu de s'unir.(...) La route à venir est longue. Mais je viens devant vous pour vous dire que nous sommes les héritiers d'une lutte pour la liberté. Nous sommes les enfants d'un espoir improbable. Construisons sur notre histoire commune, saisissons notre destin commun et, une fois encore, engageons nous dans cette noble lutte pour amener la justice et la paix dans notre monde." 21

Il faut lire intégralement ce discours américano-démocrate d'une habilité désespérante pour quiconque est conscient de son vénéneux contenu dominateur et de son total alignement au plus dogmatique libéralisme.

Après cette escapade/décodage continue donc explicitement l'histoire du creuset radiophonique, parlé et chanté, à la fois mondialisant, impérialiste et nationaliste, dans lequel Annie Chancel et d'autres jeunes des générations de cet après-guerre seront propulsés.

EUROPE 1 et Radio Luxembourg, diffusent des émissions anglophones.

Autour de ®Budweiser, les jeunes américains, français, anglais, allemands, autrichiens, italiens découvrent amitiés, amours, et rock and roll canalisés sous la main intégrante d' armées et de bases américaines qui ne négligent ni leur rôle d'agences matrimoniales, ni celui d'ambassadrices culturelles et représentantes de commerces : la jeunesse européenne peut ainsi y trouver, outre la bière déjà mentionnée, un des éléments premiers du "costume" qui lui est désormais attribué grâce au cinéma américain en pleine "fureur de vivre" : le LEVI'S ou jean ®Levi-Strauss auquel s'ajoutent les brodequins Buckle Boots de la tenue M43 (en usage dans l'armée américaine depuis 1943, d'où son nom), les Jump boots (1941), et les chaussures de sport des GI's, les ®Converse (à partir de 1939 ; depuis 2003 ®Converse est un produit ®Nike).

Durant cette seconde moitié du XXe siècle, le processus de formatage, bien qu' il soit encore assez grossier, s'affine sur des (jeunes) esprits déstabilisés par le "reconditionnement de la cellule de base", la famille, et par différentes couches idéologiques d'apparences conflictuelles : les procès de collaborateurs, les camps de concentration, Israël, la Chine populaire, le mur de Berlin, les guerres d'Algérie, d'Indochine, puis du Viet-Nam.

Une grille d'analyse marxiste remet tout cela en ordre : les luttes territoriales entre capitalismes nationaux se déploient internationalement, inévitables contradictions comprises.
La désagrégation de la famille n'est que "l'effet pervers" (pourraient dires des sociologues réformistes) de l'augmentation incessante du nombre de femmes mises au travail et donc, au salariat ; autant de choses largement facilitées par les précédentes années d'économie et de production industrielle de guerre.

deuxième guerre mondiale femmes au travail

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Ces nouvelles données sociales considérées comme alarmantes par la bourgeoisie traditionaliste sont le pur résultat d'un capitalisme international de plus en plus puissant. Il est de la plus grande hypocrisie que de vouloir en accuser les parents qui ne seraient plus dans la capacité d'assurer une éducation "correcte" de leurs enfants.
Signe des temps (et d'une offensive importante d'un capitalisme international menacé par ses propres excès), un texte très révélateur de l'état d'esprit officiel de cette époque de la fin des années cinquante a été soumis à la sagacité des candidats au bac 2009 de l'Académie Aix-Marseille.
Ce texte est un extrait de l'interview accordé au Monde (9 sept.1959) par Maurice Herzog, alpiniste puis "ministre de toute la jeunesse, celle qui va bien et celle qui va mal (sic Herzog lui-même)" :

"les jeunes "blousons noirs" vivent presque tous dans l'abandon moral et un climat affectif déplorables : familles désunies, taudis, alcoolisme, mauvais exemples... ils se recrutent très souvent parmis les jeunes dont les familles habitent des taudis ou des logements exigus. C'est un fait connu. Ce qui l'est moins, c'est que ces bandes se forment aussi dans les banlieues des grandes villes sous-équipées sur le plan sportif et socio-culturel".

blousons noirs

Comble de toute pensée dominante, les candidats sont invités, en un deuxième exercice (au choix), à réfléchir au sujet de la "classe moyenne" (au pluriel ! : "les classes moyennes souffrent...").

Avec une belle constance,entre toutes ces années cinquante/soixante du XXè siècle et l'après 2000, l'idéologie dominante ne se prive donc pas d'accabler ses propres victimes et de leur faire porter le chapeau des dégâts "collatéraux".
Il y aura toujours des sociologues "progressistes" prêts à pleurer sur le triste sort des jeunes des banlieues sous équipées en stades de compétitions machistes (un pléonasme nécessaire car trop peu ancré dans les esprits habitués au discours de la saine compétition), salles de musculation et, attention... un train peut en cacher un autre, autres lieux d'apprentissage de la danse des esclaves noirs brésiliens, la capoeïra...

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"Notre conditionnement à l'idéologie dominante est plus profond que nous le croyons" 18b

La pensée dominante et ses divers avatars, le populisme, le racisme et le "fascisme" savent très bien utiliser des constats vérifiables pour en tirer des conclusions parfaitement perverses.
En ce contexte précis, Henry Ford tente de nous prouver que le capitalisme international pervertit l'esprit créatif de l'entrepreneur car la production n'est plus envisagée que sous l'angle du profit qu'elle doit dégager... et qu'il en est ainsi car la capitalisme international est entre les mains des juifs qui amassent depuis des siècles tout l'or du Monde ... et se sont jurés d'en finir avec la civilisation occidentale car eux seuls sont "Peuple élu" ; tout leur est bon pour y parvenir... même la révolution... et le cinéma, et la presse, qui sont leurs principaux organes de propagande.
Ce discours est de nouveau au goût du jour ; il n'est pas rare de l'entendre répercuté par des militants de base des partis de la gauche parlementaire qui, cette fois, accusent de tous nos maux "Sarkozy et sa bande de juifs de l'émigration".
Un certain nombre de déterminismes historiques sont iniables ; ainsi que le fait remarquer Henry Ford, les juifs n'ayant pas le droit de vendre des marchandises neuves, ils vendront des déchets et des rebus ; les chrétiens n'ayant pas le droit de pratiquer l'usure, une pratique indigne de l'être humain chevaleresque, les juifs, ces judas, s'en chargeront...
Ici s'arrête la logique perverse du populisme car il ne faut exclure qu'une minorité de chrétiens et juifs bourgeois sauront se mettre en accord afin de construire la société capitaliste qui est, comme chacun sait, construite sur l' exploitation de la plus grande masse par le salaire, cette valeur d'échange pipée à partir de laquelle le capitalisme dégage ses profits et contre lequel ni Judas, traître désigné malgré lui, ni Jésus, premier leader connu à avoir refusé l'usage de la violence, ne peuvent efficacement s'opposer car Rome ne connait que le langage des lances, du fléau, des couronnes d'épines, des clous, du marteau, de la croix et du vinaigre.
Seule la pudibonde censure d'un scénario d'horreurs convenues retient l'exhibition de la totale et sadique dénudation d'un corps jeune, ensanglanté, violacé, violé et mutilé en millénaire avertissement et spectacle édifiant de la déchéance d'un leader révolté qui n'aura pas su s'arrêter à temps de prêcher l'indicible.

La lutte d'influence entre le capitalisme de production (représenté ici par Henry Ford) et le capitalisme purement financier (limité par Henry Ford en ces sphères déterminées historiquement, c'est à dire le capitalisme bancaire issu de l'usure pratiquée par certains bourgeois de culture juive, ce groupe social, bouc émissaire sacrifié, globalement chargé de porter à lui seul la salissure du monde matérialiste et toute la trahison faite au christianisme rédempteur des riches charitables) ne doit, en aucun cas, faire oublier l'essentiel, c'est à dire que l'un est l'autre n'ont qu'une seule raison d'être : exploiter au maximum les différences entre les diverses valeurs d'échange des marchandises (salaires compris) et diffuser à la terre entière que cet état de fait est naturel et irrémédiable car la société humaine est faite de libres échanges...
Du moins tant que les patriarches veulent bien mettre à disposition du marché certaines femelles de leur cheptel contre quelques tonnes d'or et immenses territoires...
Cette faculté à matérialiser l'échange par toute possession et accumulation d'un fétiche qui le symbolise est aussi une différence fondamentale entre l'animal humain et tous les autres mammifères.
Le fait de changer la nature du fétiche ne change rien à l'organisation sociale patriarcale et capitaliste entièrement construite sur la valeur d'échange... un détail que ne semble pas vouloir prendre en compte les échangistes de tout poil et plus particulièrement celles et ceux qui pensent que la question sera réglée par l'échange de sel... Il faut s'insurger devant une telle dangereuse ignorance de ce qui fut le fétiche de l'économie médiévale puis absolutiste. Louis XIV n'eut de cesse de mettre la main sur les salins qui lui échappaient encore comme ceux du Languedoc et de la Comté (Comtois rends-toi, nenni ma foi) finalement trahie par sa bysantine bourgeoisie bisontine.
Il faut attendre 1789, date d'une révolution dont les bénéficiaires furent les financiers et juristes du capitalisme moderne (ce dernier terme est à prendre au sens qui lui est donné par les historiens contemporains classiques, c'est à dire les idéologues disciplinés de la pensée dominante) pour que l'incomparable fétichisme des monnaies relègue le sel entre les mains nostalgiques d'apprentis économistes hasardeux mais aussi et surtout inconscients (faut-il leur accorder cette indulgence ?) réformistes de la pire espèce.

maurice herzog, ministre de la jeunesse, charles de gaulle, andré malraux

Pour en revenir aux idéologues des années soixante du XXe siècle, en Angleterre, en Hollande, en France, aux USA, les traditionalistes, cette part non négligeable de la bourgoisie nationaliste chrétienne, expriment leur crispation culturelle diplomatiquement retenue mais officielle : le rock and roll exerce sur la jeunesse une influence "sexuellement décadente et délinquante". Les Mods, les Teddy Boys et autres Blousons noirs doivent être sérieusement contrôlés par les diverses polices. Leurs modes d'expressions sont interdits d'antenne sur les ondes gouvernementales laissant ainsi la partie belle aux radios privées internationales, ou du moins, sans frontières. Honneurs, pensée conservatoire et profits sont ainsi sauvés ; mais une guerre d'un demi-siècle est ouverte entre les hérauts des deux factions principales (celle qui, frileuse, se protège par des murs de la honte et de la peur et celle, conquérante en diable, qui tente de réaliser sa révolution mondiale, mondialisante ?) de l'ordre immuable des adorateurs névrosés du Capital.

danse années 1950

Alain Bashung, né en 1947, (sa carrière post-yéyé commencera en 1966) est en plein Elsass Blues ; il a perdu tout repère territorial et nationaliste ; il résume en un couplet extrêmement concis toute la désespérance de la jeunesse d'après guerre, un spleen ambigu, parce que reposant, en toute logique acquise, sur un discours convenu. 22.

"Je suis né tout seul, près de la frontière
Celle qui vous faisait si peur hier
C'est pas facile d'être de nulle part
D'être le bébé von dem hasard"

Il n'y a cependant pas de hasard, mais des vainqueurs, méfiants, postés face à face, sur des zones matérialisées par des murs et des barrières de contrôle. La France baigne dans le souvenir du chocolat et des cigarettes offerts par les GI's.

"Les avions qui survolaient Berlin ne lâchaient pas de bombes ; à la place, ils envoyaient de la nourriture, et du charbon, et des bonbons aux enfants reconnaissants". 23

femmes berlinoises

Avec ces meurtriers feux d'artifice et bouquets finaux déchaînés sur l'Allemagne (et le Japon), le patriarcat se livre fièrement et impunément à toutes ses activités préférées. En Europe, les femmes berlinoises (et allemandes)rescapées paient un très lourd tribut aux soldatesques victorieuses. Les viols, vols et autres exactions commises par l'armée soviètique sont quotidiens et attestés par de nombreux témoignages. Des ouvriers berlinois communistes encore vivants, écoeurés, révoquent leur adhésion au parti. La propagande stalinienne est elle-même obligée d'intervenir : un des cas les plus célèbres reste l'effacement d'une seconde montre (preuve évident de rapine) portée par l'un des soldats présents sur la photographie du drapeau soviétique flottant sur le Reichtag, une mise en scène du 2 mai 1945 réalisée par Evgueni Khaldei (photographe de l'armée soviétique) qui fit le tour du monde.
Propagande contre propagande, l'occident ne se prive pas de mettre tous ces faits monstrueux en évidence en oubliant quelque peu le rôle non moins reluisant de ses propres armées.
Mais nous avons, pour conserver une certaine vérité historique, un témoin à charge, leader reconnu (bien qu'également assassiné), que personne ne songerait à remettre en cause :

à Berlin, "La dévastation est complète. (...) les rues sont relativement déblayées, mais il n'y a pas un seul immeuble qui ne soit pas dévasté. Dans certaines rues l'odeur -- douce et écoeurante des cadavres -- est envahissante . (...) Les Russes entrèrent avec une telle violence au début -- démontant les usines et violant les femmes -- qu'ils s'aliénèrent les Allemands membres du Parti Communiste, qui avait une certaine influence dans les usines . (...) Le viol et le pillage était général. (...) Les Russes ont joliment bien pillé le pays, ont vécu à ses dépens ... Les Russes ont pris tous les hommes et les femmes valides et les ont emmenés par bateau. (...) Les Britanniques étaient entrés à Brême avant nous -- et tout le monde était unanime pour décrire le pillage et la destruction par les Britanniques, qui avaient été très sévères. Ils avaient pris tout ce qui avait un rapport avec la marine -- navires, petits bateaux, lubrifiants, machineries, etc. (...) Les Américains pillèrent sévèrement la ville en arrivant. (...) Les gens ne semblent pas réaliser à quel point ils ont eu de la chance d'échapper aux Russes. Pour ce qui est du pillage des maisons et des villes, cependant, les Britanniques et les Américains ont été très coupables".
Ces mots cités provisoirement (avant de n'avoir accès aux sources originales) depuis le site http://www.library.flawlesslogic.com sont extraits de Prelude to Leadership: The European Diary, John F. Kennedy, Washington DC, Regnery, 1995.
Il a fallu attendre tout de même 1995 (soit le demi-siècle au-delà duquel le commun des mortel peut enfin accéder à des informations sensibles) pour que ce témoignage relatant des faits observés en juillet/août 1945 soit rendu public pour les lecteurs... américains (il en de même en ce qui concerne le dossier Wilhelm Reich du FBI ).

La classe dirigeante américaine a donc bien besoin de (ré)organiser son capital positif affectif auprès de la jeunesse (cet immense bastion rétif qui s'ignore faute d'avoir déjà acquis la connaissance des armes efficaces de sa défense) européenne et japonaise (où, là aussi, des affaires de viols de jeunes femmes par des GI's en garnison font régulièrement les titres des journaux).
Cette classe dirigeante américaine (et non les américains qui est un des peuple du monde où le nombre d'incarcérés sur le pourcentage total de population est parmi les plus impressionant) doit surtout rendre présentable le contenu des discours libérateurs et progressistes, c'est à dire, les metttre en conformité avec ses objectifs idéologiques (comme, par exemple, la présentation de l'oeuvre de Wilhelm Reich qui sera faite et répandue dans la jeunesse internationale des années 70 en édulcorant tout le contenu marxiste des premiers écrits de l'ex-leader communiste). Sexual liberation OK... My God ! but Love and Peace et non Hate and War comme le proclameront les infréquentables punks... qui auront eu, entre temps la lucide et désespérante vision de l'escroquerie.

L'opération de séduction est réalisée à partir de radios privées et de salles de spectacle.

le golf drouot

En France, ce travail sera notoirement mené par Henri Leproux, gérant chargé de revitaliser Le Golf Drouot, un dancing mondain parisien en perte de fréquentation. Il en fait alors un lieu de rencontre pour la jeunesse.

Dès 1961/62, Henri Leproux appâte au juke-boxe bourré de titres rock and roll et au verre de ®Coca-Cola à prix modéré 24.

Le Golf - base synergique sur laquelle Dany Logan, Johnny Hallyday, Claude Moine (Eddy Mitchell), construisent leur carrière - entre dans une période souvent considérée comme son âge d'or. ®Sheila, Sylvie Vartan, François Hardy, et bien d'autres n'ayant eu qu'un succès passager, tous, des jeunes alors âgés 15-17 ans, doivent directement ou indirectement les premiers pas de leur carrière dans l'industrie de la chanson française à un passage sur la scène du Golf Drouot ou suite à des rencontres faites sur ce lieu.

La réussite notoire de cette première vague d'élus ne doit pas occulter que le Golf Drouot continue son travail de découverte/sélection pendant toute la période des années 1970. Michel Polnareff y fera ses débuts.

Henri Leproux, toujours fidèle à sa mission, soutient des expériences musicales françaises : en 1972, il affiche le groupe Ange actuellement toujours constitué.Mais il ne se contentera pas de ne présenter que ces formations fançaises ou francophones. Il invite le groupe américain Canned Heat (blues) ou le groupe anglais leader des Mods, ces jeunes issus de la petite bourgeoisie anglaise, ennemis jurés des rockers, The Who. La programmation du Golf est donc, sur la durée, très éclectique (ou/et opportuniste, ou/et affairiste, selon la façon de voir les choses) et ne s'est pas limitée (ainsi qu'il est possible de l'entendre dire ou de le lire dans les textes des nostalgiques des années soixante) à la présentation de la mouvance française yéyé.

Rock psychédélique, LSD et marijuana circulent à l'étage. La police parisienne attend les délinquants, en bas, dans la rue ; les morgues alignent les victimes d'un nouvel ordre oppressant qui joue dangereusement avec l'addiction au LSD (et autres drogues considérées comme "dures") des GI's envoyés au Viet-Nam.
Contrairement aux diverses rumeurs qui ont pu circuler et circulent encore aujourd'hui, la préparation au combat et à l'endurance guerrière par la distribution de diverses substances doppantes ne peut être considérée ni comme un complot inhérent à cette époque, ni comme un acte délibéré isolé dont serait responsable le gouvernement américain. S'il n'est guère possible de l'en dédouaner, il faut aussi admettre que les cadres dirigeants des armées ont, le plus loin que l'on puisse remonter dans l'histoire des faits connus (l'Antiquité grecque ou romaine), toujours pratiqués le doppage des troupes et organisés soit leur abstinence, soit leurs jouissances sexuelles, selon les besoins du moment. Les camps de travail du national socialisme allemand organisèrent également cet état de fait ; les bordels, situés dans l'enceinte du camp, étaient à l'usage des troupes attachées aux camps mais aussi à celui d'un infime pourcentage de prisonniers considérés comme méritants ; quant aux prostituées, nombre d'entre elles ne l'avaient jamais été auparavant mais étaient souvent des femmes homosexuelles allemandes que le IIIe Reich tentait ainsi de rééduquer après les avoir arrêtées à leur domicile ou dans leur lieux de rencontres habituels. Le patriarcat a toujours eu des idées très précises sur l'éducation, le libre-échange monétarisé des filles et des femmes ainsi que sur les besoins sexuelles de ses mâles. Aller ! Au suivant !

Pour en rester à la chanson française ou francophone (belge, par exemple ou libre-québécoise ! Charles de Gaulle, 24 juillet 1967... un grand brouhaha diplomatique dans le petit monde nationaliste de la culture mondialisante) et en revenir aux années 1960, il faut donc en arriver à la nécessaire médiatisation des diverses et profondes pensées nationales, une double entreprise à la fois éducative et commerciale.
Les esprits ayant tout de même un peu évolué, il devient difficile de prétendre réussir ce challenge en utilisant la recette un peu primaire de Goebbels. Il faut vendre à prix doux car la plus grosse part de la jeunesse n'est pas riche mais il est devenu obsolète de ne proposer qu'une seule fréquence ; quoiqu'à y bien réfléchir, si les fréquences sont bien attribuées à des sociétés privées différentes, le contenu, quant à lui, n'est guère variable. Il est presque possible d'écouter le premier refrain d'un hit sur une station puis le second sur une autre. Ceci demande une certaine habilité dans le maniement des boutons mais les jeunes êtres humains sont très rapidement familiers avec n'importe quel nouvel objet qui leur est proposé.
Commercialisés massivement, les postes à piles et transistors, objets magiques "libérateurs", individuels et portables (durant les années 2000, le téléphone portable joue le même rôle de fétiche) que les jeunes s'approprient, concurrencent la TSF familiale, ce monstre placé au beau milieu d'un meuble, d'une pièce commune et sous le contrôle parental lui-même placé sous le contrôle étatique. D'ailleurs les jours du monstre sont comptés car voici qu'arrive la télévision.

les jits

Ainsi transi(s)tent donc l'idéologie dominante actualisée, le nouveau machisme moderne et ce rock honni de la "décadente" Amérique, patrie bien connue de ces bouseux cow-boys qui ne savent danser, chanceler, qu'ivres de Bourbon, aux sons de leurs talons de bottes, de guitares désaccordées devant la scène enfumée d'un saloonoù se déhanche vulgairement un wacko-zombi au moins aussi bouseux qu'eux... à moins qu'il n'ait une de ces voix ridicules de castra... car la politesse et la distinction banni l'utilisation du vocable pédé bien que... à y bien réfléchir, assurémment ils en sont de sacrées pédales wah wah (technique datant de 1966/67 environ). Cow-boy's Lament (Burl Ives, an american icon inconnue en France... j'y pense et puis j'oublie / It Comes And Goes, Claude François, 1964)... Bah... Au théâtre ce soir ? (première diffusion télévisée en 1966).
Fausse guerre des ondes oblige, les radios commerciales diffusent des bulletins complices - plus tard, transmis par les portables et l'internet - , donnent rendez-vous sur des lieux -raves -(10) 25 où chante Sylvie (Vartan, la collégienne du twist), livrée en panier à salade cependant que Johnny est, comme il se doit, en voyage culturel aux States...

Bannières étoilées, surnoms et diminutifs affectueux, familiaux et racoleurs s'ajoutent ainsi au catalogue du Petit Père du Peuple, et d'autres à venir : Tonton et Sarko.

En 1964, en toute conformité avec un endoctrinement des plus classiques, L'idole des jeunes 26, première classe à Offenburg (Allemagne) et Johnny Stark, dit Colonel Parker, en référence à l'impresario de Presley, visitent Berlin, fausse frontière idéologique, sous l'oeil attentif des journalistes qui alimentent ainsi le discours et l'émaille de mille futilités.

Automobiles, motos, scooters, tous engins roulants à moteur, customisés, tunés, accessoirisés, autres fétiches et vieilles lunes de la libre affirmation de l'être (cette rengaine classique de la psychologie bourgeoise) deviennent des constantes sur le marché gigantesque de la jeunesse mondiale. L'utilisation pragamatique de l'automobile individuelle (dérivée directement de l'atomisation de la classe ouvrière découpée en minuscules cellules familiales toutes également munies d'un véhicule destiné à les emmener sur le lieu de leur travail et ce, bien que certains de ces lieux de travail soient communs à des centaines d'ouvriers par ailleurs tous voisins) ne suffit plus à satisfaire l'appétit grandissant du capitalisme. Les grands leaders de la jeunesse sont donc chargés de promouvoir tous ces engins bien qu'ils s'avèrent evidemment coûteux (donc source d'une délinquance supplémentaire) mais aussi, terriblement meurtriers car, cela va de soi, des rebelles ne peuvent conduire en respectant les règles du code de la route.

elvis presley, représentant de commerce

"Il portait des culottes des bottes de moto
Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
Sa moto qui partait comme un boulet de canon
Semait la terreur dans toute la région"
28a

james dean, représentant de commerce

Chaque fin de semaine, Johnny retrouve donc sa Harley, sa fiancée, la plus belle pour aller danser 27, photos publicitaires 28 etc...

Johnny Hallyday, alors en école militaire, rêvait-il déjà d'émettre depuis la Tour Eiffel avec TF1 et RTL, devant un million de personnes sous protection de la Préfecture et de la Mairie de Paris ?

La scène est gigantesque, plongée dans une ambiance (concert de juin 2000) noire, rouge et grise. Dans la foule, des couples, filmés par des caméramen et monteurs acquis à ce montage wagnérien, s'enlacent et s'embrassent sous des cieux apocalyptiques embrasés. Pendant ce temps, Johnny présente son monde... du beau monde... dans une sacrée affaire ! efficace et bien rôdée ; Edith Piaf hante les coulisses.

Johnny Hallyday

La France (et toute la société occidentale) vomit son baby-boom : blousons noirs! yeah! yeah!. Mais les jeunes leaders (yéyés), prosélytes parfois réticents, vivent en cage dorée, salaire de leur docilité. Le rock'n'roll francisé, latinisé, entre en guerre artificiellement entretenue contre la tradition des chansons romantiques, de cabaret et de caserne. Papa, t'es plus dans l'coup ! (chante ®Sheila).

Cette méthode de segmentation, d'exacerbation du conflit diviseur entre générations est perfectionnée dès 1963. Petula Clark, qui ne perd pas son temps, adapte ce titre 29 de Lennon/McCartney ; les gentils garçons de Liverpool, costumés décemment middle class par leur production, camouflent les manières prolétaires de leur Ringo : au revoir blouson noir ! Yeah yeah ! Bonjour ®Sheila. 30, un nom déposé.

En 1962, Claude Ayot "businessman de talent, retors et chafouin" 31, auteur-compositeur connu sous le pseudonyme de Claude Carrère (C.C.), catholique, apprenti producteur, idéologue traditionaliste par procuration, mais homme d'affaire moderne muni d'un agenda et de numéros de téléphone, définit, sur un calque éprouvé aux USA, une cible de départ, la jeunesse populaire française, adultes futurs d'une société en gestation.

Ses buts sont ambitieux : production de musiques et danses modernes décentes (il y tient particulièrement), de films (L'année du bac, Bang Bang) 32, d'émissions pour la télévision (âge tendre et tête de bois), de produits dérivés, la poupée mannequin ®Caprice, une ligne de produits de beauté (®Sheiladermine) et la boutique ®Sheila.

Des modèles vestimentaires et de modelages faciales sont suggérés par les illustrations des pochettes de 45 tours :

sheila, chaque instant de chaque jour, le sifflet des copains

Le tout sera soutenu par un fan-club, une saine hagiographie. (Salut les Copains) et des marques solides (Ricard, Jacques Dessange, Colgate).

Suite à une conversation au Golf Drouot suivie d'un rendez-vous sur le lieu de répétition d' Anny Chancel et les Guitar Brothers, un petit groupe de rock'n'roll de la région parisienne, Claude Carrère choisit, le 25 octobre 1962, un leader potentiel, jeune et malléable, porte-parole souriant, convaincu, imprégné de valeurs communes à ses commanditaires et la masse visée : une interprète mineure de 17 ans, liée par contrat signé par ses parents.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

®Sheila, pseudonyme issu d'un premier titre éponyme d'abord chanté par Lucky Blondo, "Jolie petite Sheila... est née. Je te garderai toujours"... ... ... "La tendresse d'un homme" est sans fin 35...

Carrère bénéficie d'une exceptionnelle convergence de circonstances : Telstar (1962) semble fonctionner correctement ; un gros catalogue de titres secondaires américains d'une apparente mais valorisable vacuité est adaptable en français 36.

L'ORTF, installée dans un bâtiment neuf (1963), fournit plateaux, techniciens et animateurs (Guy Lux). Les radios commerciales soutiennent la diffusion répétitive de titres "sollicités" en retour par des auditeurs "participatifs". Ne raccroche-pas ! 37

Contractuelle, ®Sheila, travaille aux ordres, passe ses "vacances" dans une villa que Carrère loue à Saint-Tropez.

Les désirs de la chanteuse, saltimbanque dans l'âme, sa propre perception de sa voix, ses copains musiciens, remplacés par des professionnels, ne sont pas pris en considération.

Inutile de perdre du temps en tournées; une suffira (1963) pour sensibiliser la masse. Tout est conçu en studio. Une poignée de photographes s'occupent des pochettes. Carrère et ses relations signent les titres.

Un million de 45T sont vendus à la fin de cette première école 38.

En 1968, fille de forains, petite fille de français moyen 39 , ®Sheila a vingt-deux ans. En condition de responsabilité contractuelle, elle chante, de bon coeur, un discours qu'elle n'a pas écrit, mais qu'elle subit tous les jours par le mépris de ces autres "petites filles précieuses des grandes familles, (qui) vont voir toutes seules des films étranges auxquels personne ne comprend jamais rien (...), abordent gaiement car rien ne les dérange, la dialectique, la politique et l'art ancien", qui baignent dans le protest song francisé de Dylan. (Hugues Aufray, 1966). L' habilité du discours, populiste, introduit une notion de lutte de classe, en tout cas, une opposition, dont le but essentiel est de principalement tourner en ridicule, par le biais d'une caricature au premier degré, divers concepts placés, en vrac, dans un même ensemble d'activités culturelles quasi futiles ou énoncées comme appartenant à un comportement snob. Le marxisme est clairement énoncé par l'emploi réducteur de l'expression la dialectique.

Comme en tout populisme, rien n'est réellement faux mais le tout est perverti par une forme d'analyse volontairement superficielle et imprécise qui permet alors une suggestion méprisante à la fois subtile et comme allant de soi : des films étranges auxquels personne ne comprend jamais rien ; il est assez facile de supposer qu'il est question de la Nouvelle Vague bien que le texte évite de la nommer. Aucune polémique réelle n'est possible car ce décodage étant proposé, il est alors facile de piéger et de répliquer à l'interlocuteur critique : "c'est vous même qui prenez la responsabilité d'interpréter ainsi ces mots, mais nous n'avons jamais écrit cela".... une forme de déstabilisation relativement courante sur les plateaux de télévisions.

Il est toujours possible de faire remarquer, au passage, qu'à entendre les discours dominants actuels au sujet du cinéma, la vague réactionnaire, cette longue vague venue d'un large lointain de quarante années de travail de sape en profondeur, n'a, semble-t-il, toujours pas complètement réussi à dissoudre totalement les bases théoriques du cinéma désigné globalement par l'expression "Nouvelle Vague".
Mais il n' y a pas de quoi s'en réjouir... les pôles de résistance ont le plus grand mal à s'exprimer tant dans les salles qu'au festival de Cannes. La place est donc libre à toute l'industrie cinématographique internationale, c'est à dire, principalement hollywoodienne.
Dénoncer ceux qui considérent que cette production n'est que pur divertissement, un discours sans cesse jeté à l'encan ("objet de trafic livré au plus offrant") reste donc encore une autre nécessité de salubrité publique... bien que cela ne change pas grand chose aux causes réelles de la maladie qui est inoculée aux patients assis sereinement dans leurs fauteuils ourlés d'une obscurité propice à l'administration de doses létales progressives à effets quasi imperceptibles et indolores.

Cette parenthèse faite, ®Sheila est donc, symboliquement, ce rien docile qui ne dérange, tant il est facile de lui prêter, dialectiquement, l'argumentation dominante la plus écrasante, un rien, qui, quand il travaille se sent bien car la fortune viendra de ses mains.

l'autorité a violemment prononcé la sentence sans appel de la contrainte dictatorialement exercée, la condamnation aux fers de la production.

arbeit macht frei

CQFD : Annie Chancel, saltimbanque, sportive, grande travailleuse (elle l'admet elle-même dans ses auto-biographie romancées ou non, maladies professionnelles comprises comme divers problèmes physiques handicapants dûs à une pratique intensive de la danse) habite un luxueux appartement (propriété de la société Carrère) et roule en limousine (de la société Carrère).

Années 70, Saint-Trop' et pause paparazzi : Antoine, ®Sheila, cheveux longs dans le vent du large. Sourires amicaux. Le pseudo-anarchiste et la petite bourgeoise un peu futile posent pour la presse édifiante ravie de ce raccourci symbolique et facile.

1973 : Carrère, pragmatique, résout un surf délicat sur le flower power (toujours décent) et l'affairisme matrimonial; photo de mariage 40.

sheila, les gondoles à venise

1974 : en France, l'abaissement de la majorité à dix-huit ans, élargit un marché facile qui amplifie la montée en puissance du libéralisme et le processus de routine des segmentations (pop anglaise, yiippies, hippies, jazz-rock, rock progressif, disco).

Epouse bourgeoisement trompée, ®Sheila chante alors les doutes de la femme mariée trentenaire : Ne fais pas tanguer le bateau, Le bonheur file et roule entre nos doigts. 41

®Sheila est enceinte ; le processus machiste implacable continue son action logique ; il faut la remplacer ; il faut faire jeune. Pas besoin d'éducation sexuelle ! chante Julie Bataille qui, selon sa biographie officielle a treize ans au moment de l'enregistrement (juliebataille.com) ; l'information diverge de celle qui est donnée sur la pochette originale... faut-il en penser que Carrère craignait de livrer l'âge exacte de la petite minette 42 ambitieuse coiffée au nouveau goût du jour ? La carrière publique de Julie Bataille sera courte, le temps de combler la perte à gagner occasionnée par la maternité de ®Sheila.
Julie Bataille aura très vite compris que ce métier de la scène est incertain et dangereux. Munie de ce petit pactole ou gros argent de poche (ce qui reste à une mineure de cette âge après que les uns et les autres se soient copieusement servis) que lui procure les ventes vertigineuses de ses quelques 45 tours (1 millions d'exemplaires pour l'éducation sexuelle), elle trouvera sa voie(x) "qui vend", loin des scandales et des rumeurs, loin des avides projections et phantasmes des foules, loin des couvertures pornographiées de la presse à scandale, en une activité autrement plus sûre, moins exposée et moins mortifère : les spots publicitaires pour la télévision ; puis, l'expérience se faisant, en véritable et intelligente professionelle de la propagande au charme irrésistible, elle crée sa propre agence de formation aux techniques vocales liées à la publicité radiodiffusée ou télévisée.
Julie Bataille n'avait effectivement pas besoin de leur éducation sexuelle pour s'affirmer en tant que femme... bien que néemmoins elle n'échappe pas aux sortilèges de la course aux profits, du pouvoir machiste et du Guignol de l'info.

julie bataille, pas besoin d'éducation sexuelle

Diana (la chanteuse "imaginaire" du roman de ®Sheila : Et si c'était vrai) 43 n'en est pas là. Entre les griffes du tyran, elle commence à se dire qu'elle en marre :

"Un esclavage permanent (...)Hubert se moque complètement de mes goûts artistiques, se fiche de mes envies de scène, je suis là pour me taire et exécuter les souhaits du tyran. Pas de sentiments, du boulot, c'est tout ce que l'on te demande. Après avoir enregistré "Jacky mon amour" 44,j'ai eu la sensation de ne chanter que des "conneries" 45.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Ringo, has-been, disparaît. Les impôts, pragmatiques, envoient la note au domicile d'Annie Chancel.

1977, la vague Disco (voir plus bas Hip-Hop) : Carrère réalise une internationalisation obligée.

Retour au roman de ®Sheila : Haudevan, raciste ouvertement déclaré en interne, assume (avec un dégoût à peine déguisé) aux USA et en Europe, les chorégraphies (indécentes) de Diana et de "trois danseurs de couleur".

S B devotion

Retour aux faits : en un premier temps, le public français ignore que ®Sheila est l'interprète-chanteuse-danseuse de S.B.Devotion. Love me Baby ! débauche anglophone de Nile Rodgers malmène la bienséance et mérite pénitence.

1982 : en pleine guerre des Malouines, Glori, Gloria 46, double treize de l'opus et témoignage supplémentaire de la mystique récurrente de Carrère, sacre l'un des derniers enregistrements de dix-neuf années d'un travail d'interprétation dont le contenu émane exclusivement des paroliers proches de Carrère.

1983 : Aussi nature enjouée soit-elle, ®Sheila, n'en peut plus, moralement et physiquement... elle tangue au ! New Era... 47 Une nouvelle ère, relativement discrète, intimiste, au discours convenablement critique, commence sous la houlette de Yves Martin/Eric Lang/Lionel Leroy et Philippe Abitbol. Une page est bien tournée... mais le public habituel de ®Sheila ne suit pas le détour poétique et idéologique de son nouveau producteur et compagnon.

1993 : en Chemins de lumière, ®Sheila évoque son passage de la mort en chirurgie d'urgence ; en double aubaine pour son éditeur, elle revendique en une introduction cohérente ses valeurs de classe moyenne et, en conclusion, la pratique de la prière.

1995 : Annie Chancel demande justice et dénonce Carrère, sous couvert de son roman (Et si c'était vrai). Elle réclame que soient reconnus équitablement ses droits sur les millions de disques vendus sous son nom.

La réponse est implacable : en 1997, ®Sheila annonce à Michel Drucker qu'elle a un disque prêt mais aucune maison de disques.

Elle publie La captive 48, un roman exotique tibétain dans lequel l'héroïne, une jeune bourgeoise américaine, se retrouve enlevée par un groupe maoïste ; un de ses geôliers devient son amant ; le tout se déroule avec arrière-fond de relations symboliques sado-masochistes, va et vient entre conscience révolutionnaire remixée réformiste et prééminence du boudhisme comme issue possible au dilemme... cette voie est empruntée par de nombreuses gloires du show-bizz international qui, arrivées au sommet de leurs aliénations au système, y trouvent un refuge toujours économiquement bien entretenu par les monastères tibétains.

1998 : ®Sheila monte en scène au Queen, refuge de son fils Ludovic tout juste sorti de la cocaïne, du sex-business, d'un accident et d'un abandon d'enfant, qu'il ne se sent pas d'assumer. ®Sheila rejoint les porte-parole de la lutte contre le Sida sans pour autant échapper à l'implacable logique de l'empestage patriarcal, family life, sex, drugs and money...

sheila sur la scène du queen

Père ! Père ! Pourquoi m'as-tu abandonné ? Ringo ne répond pas aux appels de Ludovic. Il déchoit en banlieue toulousaine.

Mère ! Mère ! Je t'aime ! ®Sheila répond : "Ludo, le public rappelle"...

Ici s'arrêtera donc cette évocation de la vie d'Anny Chancel.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Eva Reich, Ludovic Chancel, fille et fils de 49 ont tenté de répondre aux questions journalistiques soulevées par les vies contradictoires et divinisées de leurs célèbres père et mère respectif.

2001 : Claude Carrère, textes abusivement ou non signés, reçoit des droits substantiels. De ce fait, il occupe, avec toute sa corporation, des positions et un poids de décision déterminant dans les organismes professionnels et syndicaux. Ses choix, à considérer comme des engagements idéologiques, économiques, sont extrêmement réactifs. Dans l'ombre de 70 millions de disques promus par son leader, ®Sheila, CARRERE GROUP a construit le capital nécessaire à sa formation.

Elektra aura fait de même avec The Doors et Jim Morrison 50, rebelle mort à 33 ans, l'âge du Christ, nous dit-ON.

Capital en mains, le groupe et ses filiales prennent le pouvoir sur une part importante de l'audiovisuel européen et de la scène vivante française 51, laissant aux leaders de masses, le président Chirac, ®Sheila, et Sylvie Vartan, émigrée de Bulgarie stalinienne 52, la gloire publique de se congratuler mutuellement autour d'une légion d'honneur (1998) 53.

jacques chirac remet la légion d'honneur à sheila

mickael jackson reçu à la maison blanche par les reagan

Il y aurait beaucoup à dire sur cette image qui date de 1984.

Ne pas prendre tout cela en considération ferait oublier que le théoricien Goebbels fut aussi le "grand" metteur en scène de l'histoire contemporaine et qu'il avait toute bonne raison (celle des groupes dont il défendait les intérêts) d'exercer ainsi ce talent monstrueux :

"La mentalité du peuple n'a jamais été que l'expression de ce qu'on fait avaler à l'opinion publique."
Hitler, Mein Kampf, p.140, cité par Reich. (et, pour l' édition française :"Mein Kampf", Nouvelles éditions latines, 1934, p.131.)

nicolas sarkozy et johnny hallyday

Le problème de ce type de référence est qu'elles se rapportent à une période tellement ancienne que cela semble sentir le moisi. Mais il faut bien se dire qu'il y a, actuellement, dans les bureaux de l'Elysée, ou dans des sociétés privées de consulting, des êtres humains qui sont payés pour faire exactement le même travail autour de la famille Sarkosy :
faire avaler à l'opinion publique que Pierre Sarkosy est proche des jeunes des banlieues car il écoute la musique hip-hop et il en produit.

pierre Sarkosy et mosey

Une bonne part de la musique Hip-Hop étant totalement rongée par des concepts purement patriarcaux, il y a, en cet action du fils du Président de la République française, un bel alignement en conformité... qui ne lui est guère difficile à suivre ; mais là, seule la dialectique peut mettre en évidence ce glorieux chant scandé du coq, ergots en l'air et crête au sol, sur son fumier nourricier.

Il est tout aussi possible d'affirmer, sur les ondes, (le soir, passé 22 heures) que la pratique du gangbang 55 est un acte de libération sexuelle. Il peut l'être, provisoirement, mais il faut aussi aller voir si, par hasard, il n'était qu'un fantasme aliéné au patriarcat, une simple soupape qui permet d'accepter que, le reste du temps, notre vie sexuelle de couple se voit interdire d'évoluer en une sexualité (et une économie) de groupe ; c'est ainsi que, depuis quarante ans, de fausses routes, mais vraies avenues pour la pérennisation du système, sont suggérées par le cinéma pornographique, l'industrie du spectacle et des loisirs .

un gangbang très fashion des stylistes Dolce et Gabbana

Les médias rentabilisent (pourquoi, à moins d'être outrageusement idéaliste, ne pas gagner d'argent, même sur le dos d'un ange déchu, qu'il s'appelle Che Guevara ou Mickael Jackson ?) et perpétuent donc l'élimination mentale et physique des leaders rejetés.

Compatible avec la pseudo-dénonciation d'abus "déplorés" dont elle profite, une élite "pensante" de haut niveau, totalement aliénée, critiques, journalistes, auteurs-compositeurs reconnus, maîtres du spectacle d'état et en art de la confusion des genres, détourne l'attention du public, organise chantages et rumeurs commentés, rapte paroles et actes de leaders pris au piège de leurs acquis inconscients. Le cénacle "regrette", la légèreté et l'inaptitude à la réflexion de ces idoles ! Si réactionnaires ! Ou libertaires !

Tous chantages exercés, ouvertement maltraités par diverses rumeurs plus ou moins infâmes, les leaders rebelles, jeunes, rongés par la gloire montante, diffèrent l'attaque du système.

Expérimentés (Annie Chancel attaque Carrère en justice, Jim Morrison publie ses poèmes à compte d'auteur, Johnny Hallyday déclare ne plus vouloir être considéré comme une idole), ils sont confrontés à quelques courts choix :

johnny hallyday

Sur ces tombeaux des inscriptions funéraires officielles et réductrices contre lesquelles le mort ne peut rien exercent alors la perpétuation de l'héritage patriarcal :

tombeau de mickael jackson

Mary Boyd Higgins et la fondation Wilhelm Reich Infant Trust Fund, légataires testamentaires, préfacent, livrent, contrôlent les traductions de textes rédigés à différentes périodes d'évolution de l'auteur sans aucune note digne de ce nom :

"L'économie sexuelle est la manière dont un individu emploie son énergie biologique, combien il en accumule et combien il en libère dans l'orgasme. Les facteurs présidant à cette régulation sont d'ordre sociologique, psychologique et biologique. Le terme s'applique à l'oeuvre de Reich depuis sa réfutation de la philosophie culturelle de Freud jusqu'à la découverte de l'orgone où le terme orgonomie -science de l'énergie Vitale, le remplace" 57

Des enregistrements de grands groupes ou leaders musicaux disparus, non retenus de leur vivant, sont crédités dans des compilations dont l'édition musicale détient quasiment l'intégralité des droits.

Les pratiques sexuelles esclavagistes entretiennent la pérennisation reproductive d'une minorité dominatrice. 58

La vie de Michael Jackson est hypocritement interprétée en pistes tronquées, où part belle est faite aux accusateurs et défenseurs de l'ordre établi : la star abuserait de sa position pour profiter pleinement de ses actes pédophiles mais que penser des parents des "victimes" (consentantes par ailleurs) ? Ces parents sont suffisamment aliénés par les mirages du show-bizz pour faire, que par tous les moyens, le nom de leurs chérubins soit retenus sur la liste des heureux élus au casting.

Les agressions sexuelles sont le résultat hors gardes-fous et hors règles de jeux sexuels sado-masochistes interactifs par ailleurs ritualisés et parfaitement admis dans un cadre déterminé ; un adorateur asservi, agenouillé, attend, salope frémissante de haine et de dépendance amoureuse, la caresse de l'air déplacé par les lanières du martinet, et la cinglante attaque du maître.

Collectivement névrosés, sexuellement aliénés, maîtres et esclaves libèrent alors leurs tensions internes et leur orgasme refoulé. 59 Mais considérer ces actes volontaires nés d'un "libre-arbitre" comme des jeux ne peut les différencier fondamentalement d' actes subis ; la véritable violence réside en l'organisation sociale qui fonctionne par acceptation (volontaire ou non) d'une soumission généralisée du plus grand monde à une élite restreinte détentrice de tous les droits.

flagellation

Les droits occidentaux sont rédigés d'une manière d'apparence moins outrancière qu'au VIè siècle (la femme mariée légitimement qui quitte son mari n'est plus étouffée dans la boue) mais "si quelqu'un pénètre de nuit dans une vigne portant fruit et qu'il soit tué par le gardien, nul n'est fondé à réclamer 60" il peut rester, encore aujourd'hui, couvert par une certaine indulgence dont ne bénéficia pas Pigasus, le cochon candidat Yippie aux élections présidentielles étasuniennes de 1968.

pigasus, le cochon yippie candidat à la présidence des états-unis

le doigt d'honneur d'abbie hoffman

Essai d'extase techno, sabbat primitif, tentative de retour mystique à la sexualité sylvestre, dionysiaque... Fille de la génération yippie (Youth International Party), héritière de Rimbaud, Artaud, Patty Smith Group, Velvet Underground et The Doors, société rebelle, animale, sauvage, androgyne au visage de manga, enragée par d'électroniques et mâles machineries audio-visuelles si difficiles à chevaucher, la désespérance punk, rébellion, provocation permanente de la chevelure hirsute, sera vite balayée ; en son délire de morts symboliques, d'acharnement mutilatoire du corps, elle est encore trop pleine de vie pour le leviathan qui demande une soumission totale.

Antonin Artaud

The Velvet Underground par Gerard Malanga

Patty Smith par Gerard Malanga

Andy Warhol par Gerard Malanga

Jim Morrison leader du groupe The Doors

Ian Curtis leader du groupe Joy Division

If I die,I die... album des Virgin Prunes, 1982

L'industrie hip-hop craque en mise en scène esclavagiste, orientaliste : piercings , chaînes d'or, d'argent, de diamant et pierres précieuses naturelles ou de synthèse (Héraclès enchaîna Thanathos/La Mort aux Enfers avec des chaînes de diamants) ; des chorégraphies sexy faites de polygames possessifs, d'homophobes, et de femmes soumises, dénudées et adoratrices, activent des schémas patriarcaux de premier degré, toute permission accordée "d'accéder à un second degré" 61. L'accord est marchandé... Et la distance ne fait qu'éloigner le problème ; ce constat n'est pas une vue de l'esprit. Il est vérifiable.

L'hypocrite main mise du système patriarcal est validée par un (inconscient ?) sournois mélange de photos coloniales - une interprétation (involontairement ?) raciste du corps noir, métis, vu comme masse musculaire, body-building soft, souvent décemment pornographiée -et une apparence vestimentaire athlétique, maffieuse ou militarisée.

Les repères sont tellement distendus qu'il devient impossible de savoir en quelle mesure l'organisation maffieuse est à la base d'une organisation révolutionnaire ou si les velleités révolutionnaires ont été totalement happées par la culture du gang. Une part de l'univers rap/ hip-hop dit gangsta baigne ainsi en une violence de rue, classée comme purement délinquante (racket, chantage, vente de drogues dures, règlements de comptes meurtriers); mais il est toujours possible d'y voir une organisation en vue d'une lutte armée sans concession (Black-Panthers), mêlée à diverses influences mystiques judéo-chrétiennes, qui sont autant de creusets théoriques impossibles à rendre réellement opérants tant ils sont contradictoires et intégrés dans les pires concepts de la pensée dominante, la domination et la compétition.

Justaucorps collant la peau
Les bras croisés derrière le dos
Reprends ta place, saisis ta chance
Regarde en face la vie et danse

Construit un fort au fond de toi
Garde ton corps, arme ta voix
Cherche tes clefs, ouvre ta vie
Laisse échapper ton énergie

Tôt ou tard le grand écart
Franchis la barre, polis ton art
Maîtrise ta voix, ne te grise pas
Rappelle-toi tes premiers pas

Et pas de deux ou trois excuses
Pour laisser croire que ça t'amuse
Qui que tu sois respecte-toi
Choisis ta ligne, persiste et signe

extrait des paroles de BODY BUILDING (Ph. Abitbol - Y. Martin), interprète: Sheila, 1982 face 2 du 45 tours Carrère ref 13.013.

Tupac Amaru Shakur

50 Cent

I was competitive in the ring and hip-hop is competitive too ;in so many ways they're similar. I think rappers condition themselves like boxers, so they all kind of feel like they're the champ. / J'étais compétitif sur le ring et le hip-hop aussi est compétitif ; sur plusieurs aspects (boxe et hip-hop) sont similaires. Je crois que les rappeurs se conditionnent eux-mêmes comme des boxeurs, qu'ils ont tous envie d'être champion."(interview de Curtis Jackson pour MTV).

G-Unit Clothing (shopecko.com) et G-Unit Records (production de rap gangsta) sont des activités commerciales complémentaires de 50 Cent. Remarqué par la revue Forbes pour son sens des affaires, ce héros du capitalisme musclé et armé de l'industrie hip-hop s'étale en de multiples posters placardés comme autant de pistes vers la réussite, légende encore vivante (car l'on meurt assez vite dans le monde du rap gangsta) du gamin de la rue fils de prolétaires complètement déclassés, rescapé provisoire de la guerre des gangs et de la prison pour vente de stupéfiants, preuve parfaite qu'il est toujours possible de se sortir des pires situations dès lors que l'on est parfaitement convaincu qu'il faut être, le plus fort et le meilleur sur le ring, sur la scène et dans l'entreprise.

Les conditions de vie extrèmement difficile du prolétariat noir-américain ne doivent pas faire oublier qu'il existe aussi un prolétariat blanc-américain. Une rue sépare les uns des autres, une rue-fontière âprement défendue à laquelle chacun tien tellement il est convaincu de n'être jamais semblable à l'autre et ne doit jamais être semblable à l'autre. Eminem habitait donc de l'autre côté de la rue... le côté blanc. Mais sa vie était aussi noire que celle de Curtis Jackson. Il était, qui plus est, malingre ; un petit blanc maigrichon qui sentait le cadavre. Après quelques râclées, il se mit, lui aussi, à la musculation, puis au rap et verra bien ce que l'on verra. Il faut savoir être une teigne respectée.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Eminem

Les mythes du gangsta rap (américain ; il faut tout de même faire ce bémol nationaliste bien qu'il existe de nombreux gangstarappers par le monde) sont donc savamment construits pour que chacun s'y retrouve ; quelle que soit sa couleur de peau, la réussite est à celui qui portera sur lui le plus gros poids d'armes, d'or, de diamants, sera le plus fort afin de ne pas s'en faire dépouiller... et n'oubliera jamais que la raison du plus fort est toujours la meilleure.

cadavre de Tupac

Certains moments sont alors assez durs à vivre (pour ceux qui s'en sortent vivants) : allongés sur le sol, sanglants, en pleine ville, les tripes trouées par plusieurs balles... dépouillés de tous bijoux... et personne pour se pencher sur eux.

Marion Knight Jr. alias Suge Knight producteur de Tupac

Les leaders lucides dénoncent le communautarisme de bandes maffieuses (miroir du fascisme) mais limitent l'attaque à sa borgne anecdote parlementaire et s'acharnent sur son outil de base, garde-chiourme contractuel, kapo assermenté de l'état, chômeur en sursis et keuf faute de mieux.

La révolte gronde dans les banlieues, là où l'ennemi réel est bien cerné : tout ce qui émane de l'état est considéré comme indésirable. Les corps sont musclés et la bagarre ne fait peur à personne.

banlieues

Mais la parole, scandée en mots violents, est piégée dans une confusion théorique subie, boîtes à rythme, automates, percussions guerrières, gestuelle machiste à l'appui, danses, luttes compétitives, acrobatiques, sportives, art martial des battles et capoeïra des esclaves (noirs brésiliens) 62.

capoeira

Sniper rebelle, artiste en colère, mis au pas, appelle au s'cours et, dramatique imbroglio, médiatise France 2... La dialectique, douloureuse, libère du carcan idéologique.

le groupe de rap sniper

Il faut en finir avec les discours ambigus et trompeurs, avec ce modelage (de la jeunesse), avec les images mortifères proposées par ce système momificateur.

les mille visages de Mickael Jackson

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

Ces pistes de réflexions seraient incomplètes sans aborder explicitement les profondes complicités qui relient mysticismes et capitalismes.

La séparation légale des pouvoirs "laïcs" et religieux est la base d'une construction artificielle destinée à nous faire croire qu'avec les temps modernes et les sciences, l'irrationnel serait quelque reliquat de mondes rongés par d'héroïques fantaisies.

scène religieuse

spencer tunick, photographie de foule nue

La cathédrale, siège de l'épiscopat, zénith d'officiants en costumes d'apparat, intense mise en scène de lumières, de semi-obscurités, d'images mouvantes, de musiques et choeurs envoûtants, libère l'énergie sexuelle, festive, communiante, de masses humaines excitées par l'ingestion de diverses substances.

naturisme

Mais il est strictement interdit d'outrepasser, en dehors des zones franches (zones naturistes, saunas et autres lieux payants) par le maintien de noeuds relationnels complexes (décrits par Ronald Laing en 1970) individuels et collectifs, le refoulement entretenu de la sexualité puissamment redirigée, focalisée, sur le corps tabou du leader, homme ou femme, quasi dénudé, dégoulinant de sueur, qui hurle, dans des cas rares d'extrême lucidité, au meurtre oedipien libérateur jusqu'à l'orgasme vocal et l'épuisement total de son être crucifié et sacrifié d'avoir, maladroitement, osé affronter l'empire en faisant appel à plus de compréhension et d'humanité ; toutes choses que le conquérant ne peut, bien évidemment, admettre car "il n'y a pas un pays au monde où la monnaie ne soit pas un instrument de politique économique" 63 ; bien que ceci soit historiquement faux.

flaming lips

L'analyse critique de nos erreurs, "pour douloureuse qu'elle soit", fait partie du combat responsable commun 64.

allan ginsberg

Durant les années 1970, amour et fraternité, mystique chrétienne primitive, récupération consumériste dégradante, déception engendrée par le maoïsme - ce stalinisme longtemps ignoré par les analyses pseudo-marxistes réformistes - sont autant de défaites d'une génération internationale de jeunes épris de liberté sexuelle ; inattentifs lecteurs ou lecteurs acheminés vers de fausses pistes savamment construites par l'édition asservie à la pensée dominante, ils réduisent Reich en rumeur, geste, hagiographie, martyr comme autant d'autres Sacco et Vanzetti.

london oz

Les lecteurs en langue d'origine, qui sont aussi, qu'ils le veuillent ou non, des "héritiers historiques et sociologiques", jeunes berlinois et viennois, créent des communautés "reichiennes".

Mais, succès amer, digne de celui de 1933, la lutte sexuelle des jeunes façon années 1970, fait abstraction de la psychologie de masse du fascisme et se précipite dans une impasse où, malgré les rappels de contemporains lucides 65, s'engouffre dans la plus grande confusion théorique :

Couples de compagnons et compagnes, époux faussement anomiques, paient aujourd'hui la dot, prix fort d'une aliénation physique et psychologique toujours aussi persistante.

Les pseudo-sabotages individualistes ne font que nourrir la machine répressive d'un système en pleine action qui impose la mort ou l'intégration à marche forcée. 66

Une lecture de la pmf,

conduit à la catastrophe méditée par Wilhelm Reich lui-même :

"la pseudo-démocratie est comme une liane s'enroulant autour du corps de quelqu'un en train de se noyer. Ainsi, on ne peut s'empêcher de reprocher aux politiciens soviétiques leur insincérité. Ils ont fait plus de tort à la cause de la démocratie authentique dans le monde qu'Hitler. Ce reproche est dur, mais inévitable. Il ne suffit pas de parler d'autocritique. Il faut aussi la pratiquer". 67

Nous devons nous attacher à découvrir les processus qui ont conduit à la fanatisation, l'idolâtrie, l'esprit de compétition, la division des masses en micro-tribus méritantes ou bannies, au refoulement de l'énergie vitale/sexuelle, aux vues autoritaires des idéologues du capitalisme qui martellent sans cesse l'échec du communisme. Il faut dénoncer cette confusion de langage entre capitalisme stalinien (tous dérivés compris) et communisme, conséquence de la "politicomanie " 68.

Le communisme n'est pas bien commun, cet inconscient désir de possession car il ne peut y avoir "bien", ni propriété en communisme. Il ne peut y avoir qu' organisation commune de toute chose. La famille, qui apprend aux êtres humains à se débrouiller seuls, ou en très petits clans, est une organisation atomisante, une faiblesse sur laquelle toutes les pressions (état et entreprises) sont possibles.

l'autorité dictatoriale prononce violemment la sentence de la contrainte aux fers de la valeur d'échange.

l'esclavage aux antilles

Aliénés par la logique familiale patriarcale, machiste, du couple maître/esclave, leaders et masses, réceptacles/émetteurs d'acquis sado-masochistes et de contradictions démesurées, sombrent en désirs irréalisables de possession individuelle, absolue, du pouvoir dont l'issue, ultime refoulement de l'énergie vitale, est le suicide collectif.

L'économie sexuelle est un rejet sans compromis, actif, dramatique, destructeur et angoissant de toute vision déifiée et marchande de notre reproduction, une action collective radicale organisée sur des bases expérimentées, sans délégation de responsabilités à un cénacle et son leader, guide aléatoire et dictateur potentiel.

Au-delà d'essais précédents vaincus par la puissance armée d'une idéologie impérialiste pluri-millénaire, en évolutions multiformes, qui s'affirme comme éternelle et naturelle, naît ainsi un appel supplémentaire à complicités et à la ré-appropriation d'organisations sociales historiques, viables, bien qu'actuellement quasi détruites parce que résistantes.

L'action est début de toute chose. Personne ne doit et ne peut prédire de son devenir. "Ce sont les murs qu'il nous faut maintenant faire tomber. 70" ceci, ici dit, n'en est qu'une interprétation, perfectible.

Patty Smith photographiée par Philippe Carly

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1 Discours de Barack Obama à Berlin (un discours intégré et intégrateur très complexe à lire en intégralité). Traduction française complète

2 Après longues méditations linguistiques, le signifiant "idole" sera, hors citations, abandonné et remplacé par "leader", meneur, porte-parole d'un parti, d'un mouvement, d'un groupe, concurrent qui occupe la première place dans un domaine". (Le Petit Robert, 2004).Tout leader étant d'opinion, cette distinction lui sera implicitement accordée.... notons au passage sa bienvenue anagramme : "dealer".

3 "Qui dira tout le malheur que l'idée platonicienne de l'état, née dans un milieu d'esclaves grecs, a porté dans le monde". p.289, Wilhelm Reich, La psychologie de masse du fascisme, Petite Bibliothèque Payot, n°244, Paris, 1974 (Seule traduction (française)autorisée (1972), copyright 1933, 1934, 1969 by Mary Boyd Higgins as Trustee of the Wilhelm Reich Infant trust Fund. Durant tout ce texte, le titre de ce livre sera abrégé en PMF.

4 Friedrich Engels, Origine de la famille, de la propriété privée et de l'état, (1881-1884) ; éditions Sociales, Paris,1972.

5 Lewis H. Morgan,Ancient Society, or Researches in the Line of Human Progress from Savagery, through Barbarism to Civilization, London, Macmillan and Co, 1877.

6 Alain Bashung : "à l'arrière des berlines on devine des monarques et leurs figurines juste une paire de demi-dieux livrés à eux ils font des petits ils font des envieux", Barclay, 1991.

7 Bernard Combet-Farnoux, Le Mercure romain, Ecole française de Rome, B.E.F.A.R, 1980.

8 Nationalité allemande accordée à Hitler, autrichien, afin qu'il accède légalement à la chancellerie.

9 Wilhelm Reich, Ecoute petit homme, seule traduction française autorisée par Mary Boyd Higgins as Trustee of the Wilheim Reich Infant Trust Fund, n° 230, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1972.

10 Wilhelm Reich, L'irruption de la morale sexuelle, n°236, Paris, 1974. La lutte sexuelle des jeunes, FM / Petite Collection Maspero n°100, Paris, 1972 ; traduction, introduction de Jean-Marie Brohm, Joh. Knief, Emile Copfermann.

11 Roger DADOUN, Cent fleurs pour Wilhelm Reich, Traces, Payot, Paris, 1975, p.120 à 129.

12 Sigmund FREUD, Malaise dans la civilisation/ Das unbehangen in der Kultur, Vienne, 1924. traduction française, PUF, Paris, 1971(voir p.50 et ss.).

13 Britney Spears, oops..., par Nadège Montadert. ( "plus de dix ans attachée de presse au sein des services promotions de deux majors, BMG et EMI, journaliste depuis 2001, a notamment été rédactrice en chef adjointe d'un mensuel pour adolescentes") éditions de la Lagune, 2007, Enghien-les-Bains, p.63.
Dans la même collection vendue en supermarché, Shakira, la Bomba Latina, par Abécé. ("Journaliste et parolier depuis le début des années 90, rédacteur en chef de nombreux magazines depuis 2000, auteur de plusieurs livres sur la vie des artistes").
En 2007, ex-Lolita, Britney Spears entre en énième cure de désintoxication ; son corps, objet de tant de projections, croule sous le poids de monstrueuses contradictions.

14 "Ainsi de jeunes contestaires se sont emparés, sans tenir compte de la mise en garde de Reich contre l'exploitation de ses découvertes à des fins politiques, de quelques aspects de son oeuvre de jeunesse en négligeant ses prolongements logiques dans le domaine biologique et physique." Préface à l'édition américaine de la Psychologie de masse du fascisme, p.7.8

14b Wilhelm Reich, The Bioelectrical Investigation of Sexuality and Anxiety/ Experimentelle Ergebnisse über die elektrische Funktion von Sexualität und Angst, 1937, Der Orgasmus als elektrophysiologische Entladung, 1934, Der Urgegensatz des vegetativen Lebens, 1934, traduction anglaise : Marion Faber, Derek and Inge Jordan, éditions Farrar, Straus and Giroux Paperbacks, NY, 1983.

14c Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Presse Universitaire de France, Paris, 1950.

15 Parmi d'autres documents : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1768/articles/a30629-ye_ye_dinosaure.html

16 Pierre BOURDIEU, la distinction, Editions de Minuit, Paris, 1979 ; ce que parler veut dire, Fayard, Paris, 1982.

17 Ringo rêve de devenir l'égal de Carrère alors que Carrère voit d'un très bon oeil les bénéfices qu'il pourrait tirer d'une mise en commun des talents de Ringo et ®Sheila, un joli duo sur scène et "à la ville"

18 Henry Ford fit imprimer et distribuer aux USA 500 000 exemplaires d'une traduction anglaise du texte antisémite le protocole des Sages de Sion. (sources : http://www.thebreman.org) ; il est auteur du Juif International (le livre figurait en bonne place dans la bibliothèque d'Hitler) ; téléchargement du texte : http://www.uuurgh.net/FORDjuifinter/FORD%3Df.pdf

18b Introduction au Juif International p.11.

19 Encyclopædia Universalis 2006, Art. Hermann J. Abs.

20 Sources : leblogauto.com.

21 discours de Barack Obama à Berlin juillet 2008

22 Elsass blues (Boris Bergman / Alain Bashung) de l'album Roulette Russe, 1979, Barclay Records/UMG

23 discours de Barack Obama à Berlin juillet 2008 ; Obama semble oublier la distribution de bonbons du 18 mars 1945, jour du bombardement américain sur Berlin : 1 250 bombardiers escortés par 670 chasseurs s'attaquent à la ville détruite à 30% dans son ensemble ; les quartiers du centre sont complè tement rasés..

24 En 2006, imbroglio juridique : Britney Spears sous contrat avec ®Coca-Cola, sera prise en flagrant délit de consommation de ®Pepsi-Cola. (sont des marques de etc.).

25 rave : délire.

26 Philips, réf : 76397, mono, 1963

27 Film "Cherchez l’idole", musique : Charles Aznavour / Georges Garvarentz, auteurs-compositeurs, réf : 86.046M, RCA Victor (major de Presley).
En 2007, sculpté en Arménie, honni en Turquie, Charles Aznavour slamme sur Le Grand Corps Malade d'une Europe "judéo-chrétienne" au petit soin ; il écrit également pour pour Amel Bent.

28 Johnny Hallyday, Destroy 2000, Autobiographie, Michel Lafont, Paris, 1999, p.153, pp.210, 212.

28a Black Denim Trousers and Motorcycle Boots de Jerry Leiber et Mike Stoller (The Cheers, 1955), version française : L'homme à la moto, Jean Drejac (Edith Piaf, 1956).

29 Vogue, réf : EPL.8078

30 Lennon/McCartney : Un monde sans amour (World without love), Philips, 434.913 BE, Hello petite fille (Hello little girl), Philips, 434.849 BE. (adaptations signées par C. Carrère, H. Ithier), 1964.

31 ®Sheila, Chemins de lumière, éditions J.C. Lattès, Paris, 1993, p.27.

32 1966/67 : Bang-Bang adaptation française d'un titre de Sonny and Cher et film (600 000 entrées en 15 jours) de Serge Piollet (musique: C.Carrère et G.Aber) tourné dans des propriétés de Paul Ricard, costumes la Boutique de ®Sheila, coiffures Hélène de chez Jacques Dessange, avec Brett Halsey, Gaia Germani, Franco Fabrizi, Jean Yanne, Jean Richard, Guy Lux, Catherine Lafond, Charles Millot, André Valardy, Olga Valéry, Gérard Majax, Hubert Deschamps, Marc Dudicourt, Jean-François Rémi, ®Sheila.

33 1963, Philips, réf.: 432.977 BE

34 1964, Philips, réf.: 434.913 BE

35 Premier et dernier enregistrements de ®Sheila pour Carrère.

36 Ranch de mes rêves/Hotel Happiness, Léon Carr, Earl Shuman / adaptation de Claude Carrère, Richard Anthony. 1963, Philips, réf : 432.866ME.

37 1963, Philips, réf: 432.866 BE.

38 L'école est finie, Philips, réf : 432.866 ME.

39 Petite fille de français moyen (Georges Aber - Jacques Monty - Claude Carrère), 1968, Philips, 437.437 BE.

40 Carrère / Boona Music, réf : 49.026, 1973 et duo, couple primordial, Adam et ève (Carrère, réf : 49.049, 1973).

41 Carrère, réf : 49.083 (1974) et 49.101(1975)

42 Carrère, réf : 49.109, 1975 et Carrère réf : 49.160, 1975

43 Ramsay, Paris, 1995.

44 Carrère, réf : 49.213, 1976 / "la pochette correspond à une mode que j'ai adorée (...) j'ai été la reine des bottes à franges, un peu indiennes, avec des broderies qu'on avait beaucoup de mal à trouver en France. Je revendique cette mode" (livret joint à : SHEILA, Juste comme ça, compilation Warner Music France, 2006).
Hubert Haudevan ou H.H. est le producteur de Diana; Claude Carrère ou C.C. est le producteur de Sheila.

45 ®Sheila, Chemins de lumière, Editions J.C. Lattès, Paris, 1993, p.30/31 ; Et si c'était vrai..., Editions Ramsay, Paris, 1995. Récit de Diana qui énonce abondamment la trivialité et la rapacité de Haudevan). p.354/355.(Citation trancrite à la première personne).

46 Carrère, réf.: 13.013. paroles de Glori, Gloria.

47 New Era / Carrère ref. 13.173.

48 Ramsay, Paris, 1997.

49 Fils de, Ludovic Chancel, Flammarion, Paris, 2005./ et Sexpol n° 18-19, décembre 1977, W. Reich, vingt ans après, interview d'Eva Reich.

50 Jean-Yves Reuzeau, Jim Morrison et les Doors, Librio Musique, n° 456 et www.castorastral.com.

51 Pour plus de détails, merci de consulter le site : http://www.carreregroup.com

52 Sylvie Vartan et Lionel Duroy, Entre l'ombre et la Lumière, XO éditions, Paris, 2004, photos p.144 et ss. "(mon père contraint de sculpter ce monument représentant Staline et Dimitrov pour obtenir le visa de la liberté pour la France".

53 Nomination de Annie Chancel, Chevalier de la Légion d'Honneur. "Avec plus de 70 millions de disques vendus en France et à l'étranger, (...) Sheila, a très largement contribué au rayonnement de la culture populaire française à travers le monde. (…) son quarante-cinq tours "L'école est finie" se vend àun million d'exemplaires en quelques mois. (...) En 1964, Sheila obtient le Grand Prix National du Disque Français (...) image et l'emblème d'une génération.(... elle) co-présent(e), avec le chanteur Dave, une série d'émissions de télévision consacrées ?la chanson populaire des années 1960 à 1980. (...) Elle a publié plusieurs ouvrages retraçant (...) sa carrière (...) inspirés de sa vie comme "Chemins de lumière" ou "La captive". (...) Elle compte déjà à son actif deux expositions (...) consacrées à ses sculptures (...) exposées à Drouot et au Trocadéro. Sheila (...) Membre du Comité d'honneur de l'Association "Les élus locaux contre le sida", anime des réunions à travers la France, encourage les initiatives qui visent à aménager des appartements thérapeutiques (...)." J. Chirac, discours du 3 mars 1998, au Palais de l'Elysée.

54 Pierre Sarkozy, producteur hip-hop

55 "une pratique sexuelle où un sujet réceptif a une relation sexuelle avec plusieurs partenaires, simultanément ou à la suite. Il s'agit donc d'une forme particulière de sexualité de groupe"./ "La pratique du gang bang avec un partenaire réceptif non consentant, ou sous l'emprise de drogues ou de l'alcool, ou n'ayant pas atteint la majorité sexuelle, constitue un viol en réunion ou viol collectif". (wikipedia).

56 Interview de Serge Lama, documentaire Arte, Dalida, femme dévoilée.(2007).

57 extrait du glossaire inclus post-mortem à la pmf

58 Salo, ou les cent vingt journées de Sodome, dernier film réalisé par Pier Paolo Pasolini en 1975, année de son assassinat ; d'après les Cent vingt jours de Sodome du Marquis de Sade et en co-scénario de Roland Barthe, Maurice Blanchot, Sergio Citti et Pierre Klossowski. Musique d'Ennio Morricone. Dans un autre registre, Notre pain quotidien / unser täglich Brot ,"documentaire" du réalisateur autrichien Nikolaus Geyrhalter (2007) : silences de la parole humaine, bruits de machines, destruction rationnelle.

59 Tous ces dirigeants d'entreprises, et cadres de haut niveau qui, selon leurs dires, se font fouetter en des lieux parfaitement légalisés afin de se libérer du poids des multiples vexations que leurs fonctions les amènent à faire subir à leurs subalternes.

60 France : loi Gombette (502 ap. J.C.) appliquée au royaume Burgonde (ou Bourgogne) ; texte intégral latin et texte partiellement traduit en français.

61 Joeystarr, p.73, Les Inrockuptibles, n° 577-78-79, 19/12/2006.

62 Damien Hazard, Espoir pour les enfants des rues au Brésil, Août 1994 et Damien Hazard / Pascal Alain Kali, Novembre 1996, La société brésilienne est-elle raciste ?, Le Monde Diplomatique.

63 Nicolas Sarkozy, discours "pour la France du travail", Agen, 22 juin 2006, cité par S. Halimi, Les recettes idéologiques du président Sarkozy, Le Monde Diplomatique, n°639, juin 2007.

64 pmf, p.259

65 Jean Duvignaud, Fêtes et civilisations, 1973, Paris, éditions Weber, texte et photo de la page 79 : Fêtes de la moisson à Bückenberg : Hitler traversant la foule.

66 "Je prie les agents secrets de la KGB en Europe et aux USA d'en prendre bonne note : l'assassinat de ceux qui constatent ces faits n'est pas de nature à les changer". pmf, p.233. (texte ajouté par W. Reich en 1942, lors de la réécriture destinée à la publication américaine ; ceci expliquerait pourquoi seuls les services du KGB sont ainsi désignés alors que les USA sont munis des mêmes services et que ceux-ci feront également très bien leur travail lorsqu'il s'agira d'emprisonner Wilhelm Reich. Nous entrons ici dans le cadre d'une lecture critique de la PMF et des différents stades que le texte à pu connaître avant de se trouver entre les mains de la jeunesse des années 1970. Il faut en effet en permanence rappeler ici , car ces considérations sont parties intégrantes de cet article, qu'aucun des textes critiques de Reich datant de la période où il était militant communiste ne peuvent être considérés comme des documents "originaux". Ils furent réécrits postérieurement par Reich lui-même; après la mort de Reich, ils furent réédités sous la surveillance de la fondation déjà mentionnée dans divers notes de cet article et aucun avertissement ne signale les passages modifiés. Chacun se débrouille donc comme il peut pour tenter de retrouver dans ce méli-mélo organisé qui, il faut le rappeler, ne peut guère s'améliorer dès lors que ne sont autorisée que des éditions approuvées par la fondation Wilhelm Reich Infant Trust Fund.

67 Pmf, p.259 ; l'adjectif "soviètique" est à re-situer dans le contexte historique (1933) du texte ; Reich fait référence au système alors en vigueur en URSS qui ne correspond pas à la réalité des Soviets révolutionnaires mais à celle d'une situation totalement pervertie par le stalinisme. Il peut paraître abusif d' ainsi préciser cela mais la pensée dominante s'est chargée de transmettre un très pratique amalgame simpliste entre léninisme et stalinisme ; il est très improbable que Reich ait pratiqué cet amalgame à l'époque de la première rédaction de son texte puisque son éviction du KPD est causée par son non-alignement avec la dérive stalinienne du dit parti.

68 Pmf, p.265.

69 Pmf, p.280.

70 discours de Barack Obama à Berlin


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